6,4 milliards de plus pour l'A400M : "Tout à fait inacceptable !"

03/02/10 à 17:04 - Mise à jour à 17:04

Source: Trends-Tendances

Pieter De Crem, ministre de la Défense, a qualifié mercredi de "tout à fait inacceptable" le montant réclamé par EADS - 6 milliards d'euros - aux sept pays clients de l'avion de transport militaire A400M pour mener à bien ce programme, alors que la livraison du premier appareil commandé par l'armée belge ne pourra intervenir avant... 2021.

6,4 milliards de plus pour l'A400M : "Tout à fait inacceptable !"

© Belga

"Six milliards d'euros, c'est tout à fait inacceptable !", a lancé Pieter De Crem,ministre (CD&V) de la Défense,en Commission de la défense de la Chambre, alors que ces sept pays négocient l'avenir de ce programme avec EADS, la maison mère du constructeur aéronautique Airbus.

EADS demande en effet, aux pays clients de l'A400M, 6,4 milliards d'euros de plus pour boucler le programme, alors qu'ils ne veulent payer que 2 milliards, avait expliqué la semaine dernière le représentant allemand aux négociations, dans une audition devant une Commission parlementaire allemande. "Il s'agit d'une augmentation d'un tiers et je dis clairement qu'elle est inacceptable, projet européen ou non, a ajouté Pieter De Crem. S'ils me présentent ce projet, je les remballe !"

Sept pays européens (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg et Turquie) sont prêts à acheter des A400M et s'étaient initialement donné jusqu'au 31 janvier pour décider de la répartition des surcoûts. Le montant initial du programme était évalué à 20 milliards d'euros. Selon Pieter De Crem, le contrat ne prévoit pas la résiliation solidaire de toutes les nations en même temps : "Si un seul pays souhaite se retirer, il doit couvrir à lui seul la totalité des coûts supplémentaires pour tout le programme occasionnés par ce retrait."

Le ministre de la Défense a rappelé que la livraison du premier A400M était initialement prévue pour 2018 mais qu'elle n'aura pas lieu à cette date : "Les premières livraisons auront lieu en 2021 et 2022, parce que le gouvernement belge, en 2000, a décidé de ne pas en prendre possession en tant que premier mais en fin de ligne. Nous sommes ainsi tributaires du choix opéré par le gouvernement" de l'époque.

Pieter De Crem a confirmé que la question de l'avenir du programme serait abordée lors du sommet franco-allemand prévu jeudi à Paris, ainsi qu'entre ministres de la Défense des sept pays concernés, en marge d'une réunion ministérielle de l'Otan, jeudi et vendredi à Istanbul.

Trends.be, avec Belga

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