Gérer le pot de départ d'un collaborateur détesté

06/03/12 à 15:58 - Mise à jour à 15:58

Source: Trends-Tendances

" Cher Patrick, enfin tu pars ! On en est vraiment heureux. On ne supportait plus ta mauvaise humeur permanente, ton plaisir à faire souffrir ton entourage et la haute estime que tu avais de toi-même alors que ton incompétence était notoire... ". Bien sûr, vous ne pouvez en aucun cas faire ce type de discours lors du pot de départ d'un collaborateur que vous détestez. Certes, cela vous soulagerait. Mais de telles paroles vous porteraient préjudice. Et puis, dans la vaste assistance, l'insupportable Patrick a peut-être un ami. Et lui, il reste dans la boîte. Alors comment réussir cet exercice acrobatique ?

1 - Laissez votre collaborateur prendre l'initiative du pot
Cet odieux personnage part chez un concurrent. Lorsqu'il vous annonce l'excellente nouvelle, dissimulez votre joie. N'abordez pas le sujet du pot de départ. Après tout, nul n'est contraint à ce type de festivité. S'il vous dit vouloir organiser un cocktail, soyez bon prince. Ouvrez votre agenda pour trouver une date et annoncez que vous prendrez en charge tout ou partie de la régalade. Sauf si le vaniteux veut faire couler le champagne à flots toute la nuit au Crazy Horse, bien sûr.

2 - Déléguez le discours à son directeur
Ce jour-là, en tant que PDG, vous devez impérativement faire acte de présence. On observe le moindre de vos faits et gestes ! Dites trois mots d'introduction, puis " votre directeur qui vous connaît bien va prendre la parole ". Après tout, c'est lui qui a recruté ce tocard. Vous n'avez jamais voulu déjuger son choix, mais vous en avez supporté les conséquences cinq ans. Il saura trouver quelques qualités à son poulain pour rendre son intervention crédible. Ne quittez pas subrepticement les lieux alors que la fête bat son plein.

3 - Maîtrisez votre joie
On n'est jamais trop prudent. N'arborez pas un sourire radieux trahissant votre immense joie de voir Patrick pour la dernière fois. Pas de " youpi tralala, il part " en se congratulant dans les couloirs. Des caméras, des smartphones et autres engins high-tech peuvent vous filmer. On en sait quelque chose depuis l'affaire DSK. Demain, Patrick sera peut être un client de votre boîte... ou se mariera avec votre meilleure cliente. Dommage de s'en faire un ennemi.

Source : L'Entreprise, avec Laurent Tylski, fondateur et PDG d'Acteo, coach auprès de dirigeants

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