Comment faire de la politique au boulot

03/06/11 à 11:38 - Mise à jour à 11:38

Source: Trends-Tendances

Au lieu de vous contenter de faire du bon travail dans votre coin, vous avez tout intérêt à soigner les contacts avec votre hiérarchie et à établir des alliances en interne. Faire un brin de politique pourrait réellement doper vos projets, voire votre carrière. Voici quelques pistes pour y parvenir de manière constructive.

Comment faire de la politique au boulot

© Thinkstock

Vous avez peut-être déjà constaté que certaines de vos idées, de toute évidence, bonnes, ne trouvent aucun écho au sein de la direction. De même, il se pourrait qu'un jour, vous n'obteniez pas le poste que vous briguez alors que vous disposez d'absolument toutes les compétences requises. Pire : vous jugerez que l'heureux candidat choisi par la direction est nettement moins compétent que vous et ne mérite pas ce poste. Dans tous les cas, il se peut que vous ne soyez pas assez connu des dirigeants ou des personnes de pouvoir au sein de votre entreprise. Sans doute devriez-vous vous montrer plus habile "politicien" au bureau.

"Faire de la politique en entreprise est souvent mal perçu", commente Philippe Rosinski, expert en coaching. "Or, elle est inhérente à toute organisation puisqu'on peut rarement atteindre ses objectifs sans le moindre appui. L'humain est constamment dans des liens d'interdépendance et même quelqu'un qui croit s'être créé tout seul a inévitablement bénéficié de l'appui d'autres personnes." Selon le coach, mener une réflexion politique dans sa vie professionnelle se révèle un moyen efficace d'atteindre ses objectifs, qu'il s'agisse d'évolution de carrière ou de réalisation de projets. "Dans les deux cas, il vous faudra être suivi par la direction et, en ce qui concerne le projet, par les équipes opérationnelles qui assureront sa mise en application. En effet, si vous n'êtes pas reconnu et que vous ne disposez pas d'appui, vos chances de réussite seront moindres."

Cerner les bons appuis

Aussi, dans les séances de "coaching global" de Philippe Rosinski, la perspective politique occupe une place importante. Elle complète les autres aspects essentiels pour viser un progrès durable : physique, managérial, psychologique, culturel et spirituel.

La démarche politique commence généralement par un examen détaillé des sources de pouvoir. Pour cela, la première question à se poser est la suivante : quels sont les gens qui comptent dans votre entreprise ? Souvent, on pense à des responsables bien placés dans la hiérarchie. Ils sont bien sûr généralement influents. "Mais dans certains cas, le pouvoir peut provenir de spécialistes techniques, devenus incontournables", détaille Philippe Rosinski. Etablissez une "carte" des noms et fonctions des personnes charnières dans votre société. Gardez toujours en tête votre objectif - évolution de carrière ou réalisation d'un projet donné, par exemple - lors de cet exercice. Cela vous aidera à repérer, de manière plus précise, qui a son mot à dire dans le cas qui vous occupe.

Par ailleurs, certaines personnes extérieures à l'entreprise peuvent avoir un impact sur vos projets. "Avoir ses entrées auprès de personnes clés en externe permet d'augmenter son influence", poursuit Philippe Rosinski. "Ces sources privilégiées peuvent vous aider à conquérir de nouveaux clients ou vous apporter des informations utiles, ce qui est généralement très valorisé dans l'entreprise."

Evaluer la proximité

L'identification des personnes déterminantes dans votre entourage constitue la première étape, généralement assez rapide. Mais êtes-vous proche de celles-ci ? Le coach conseille de réaliser un petit tableau dans lequel vous vous positionnerez par rapport à ces relais potentiels, sur un plan stratégique, d'une part, et sur le plan relationnel, d'autre part. Votre vision stratégique de l'entreprise ou de certains dossiers est-elle identique, opposée ou neutre ? Par ailleurs, ressentez-vous pour ces collègues de l'antipathie, de l'empathie ou votre contact est-il neutre ? Vous pouvez en outre distinguer le niveau "social" (passe-temps, intérêts communs, etc.) et le niveau "personnel" (pouvez-vous vous dévoiler devant telle personne, échanger avec elle en confiance au sujet de vos sentiments et opinions ?).

Dans certains cas, vous vous rendrez compte que vous ne connaissez pas si bien certaines personnes et vous peinerez à qualifier votre alignement vis-à-vis d'elles. "Prenez contact avec elles, gommez votre point d'interrogation à leur égard afin de comprendre leurs motivations et leurs positions", suggère Philippe Rosinski. Pour ce faire, il n'y a pas une action type à mener : rapprochez-vous ou établissez le contact au détour d'une réunion, dans l'ascenseur ou à la machine à café. "Il s'agit de cerner les centres d'intérêt de ses collègues et supérieurs et de distinguer ce que vous avez en commun", insiste le coach. N'hésitez pas, d'ailleurs, à mettre en avant vos concordances d'opinion ("je suis assez d'accord avec votre façon de voir ce dossier", etc.). De la sorte, ces personnes sauront qu'elles peuvent compter sur vous comme allié dans tel ou tel dossier.

En travaillant sur les relations interpersonnelles que vous aviez négligées, vous décèlerez progressivement les intentions de chacun et pourrez vous aligner, créer des alliances pour vous aider à faire valoir vos compétences ou soutenir vos projets. Philippe Rosinski insiste toutefois : "La politique devient constructive quand elle est au service des autres. Vos actions ne vont pas uniquement servir vos propres intérêts mais pourront profiter à l'entreprise, aux collègues, aux clients, et à la société en général. C'est ici que le politique et le spirituel se rejoignent : vous augmenterez votre impact en apportant une contribution utile et porteuse de sens."

Christophe Charlot

Nos partenaires