Nathalie van Ypersele
Nathalie van Ypersele
Retrouvez chaque semaine l'éditorial de Nathalie van Ypersele, rédactrice en chef de Trends-Tendances, en alternance avec Guy Legrand, directeur adjoint du magazine
Opinion

23/06/10 à 13:46 - Mise à jour à 13:46

Entre marée noire et vague verte

L'actualité combine parfois les extrêmes. Et pas seulement en politique belge...

Entre marée noire et vague verte

© Photonews

L'actualité combine parfois les extrêmes. Et pas seulement en politique belge... Aux Etats-Unis, le groupe pétrolier BP est pris sous le feu des critiques et, afin de calmer le jeu, a accepté de verser 20 milliards de dollars dans un fonds de compensation pour financer les dégâts provoqués par l'explosion de sa plate-forme dans le golfe du Mexique. A l'opposé, plusieurs entreprises belges, actives dans le développement durable, ont été mises à l'honneur.

D'abord à l'échelon européen, où deux sociétés belges faisaient partie des 10 finalistes - sur 141 candidatures issues d'une dizaine de pays - pour le Prix européen de l'environnement. Ecovert a été sélectionnée dans la catégorie "meilleur processus" et Energy ICT comme "meilleur produit". Cette dernière société a carrément remporté la palme devant un candidat allemand (Siemens AG) et un candidat grec (Frigoglass Saic). Ce qui a séduit le jury ? Le système de surveillance et de contrôle d'énergie développé par Energy ICT a notamment permis au distributeur Tesco de réduire sa consommation de 20 %. Un exemple qui pourrait être suivi par d'autres acteurs.

Au niveau belge, la société Alpro, leader européen des produits à base de soja, a été primée mardi passé par la Fondation pour les générations futures. L'objectif est, là aussi, de mettre en évidence la stratégie d'une société qui mise sur une alimentation plus durable comme exemple à suivre pour l'industrie alimentaire.

Ces trois entreprises - qui cachent des centaines d'autres initiatives belges - illustrent bien notre expertise dans le secteur des technologies vertes. Quelques faits en témoignent. D'abord, de nombreuses entreprises belges sont leader mondial dans les segments de l'énergie renouvelable, de la gestion de l'eau et du processus d'élimination des déchets. La Belgique occupe même la huitième position mondiale dans la vente de technologies vertes. Les ménages belges montrent également l'exemple : nous affichons, en Europe, le niveau le plus élevé de recyclage des déchets (93 % en 2008). Et en matière d'usage efficace de l'énergie, l'industrie européenne est leader mondial.

Alors, cocorico ? Pas trop vite. Des sociétés comme Ecover, Energy ICT ou Alpro nous montrent la voie à suivre mais restent des acteurs de niche sur le marché mondial. Le potentiel de croissance et de développement reste phénoménal mais cela nécessite des investissements importants. Les marchés financiers pourraient, dans ce domaine, se révéler des partenaires intéressants. Différents index ont déjà été créés - comme le DAXglobal Alternative Energy Index en Allemagne ou le Nyse ArcaCleantech Index aux Etats-Unis. Il y a un an, le Social Investment Forum, soutenu par une cinquantaine de sociétés d'investissement importantes, a demandéà la SEC - le gendarme américain de la Bourse - de contraindre les sociétés cotées à communiquer davantage sur leur politique sociale, environnementale et de gouvernance. C'est un premier pas dans la bonne direction.

Les ambitieuses réglementations européennes poussent aussi nos entreprises à innover constamment et à revoir leurs processus pour limiter leur impact en CO2. La Belgique ne sera cependant pas en mesure de présenter à temps son plan d'action 2020 en matière d'énergie renouvelable. Et notre engagement à consommer 13 % d'énergie issue de sources renouvelables sera inatteignable sans faire appel à des importations. On se contentera donc d'un cocorico pour les trois entreprises primées...

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