Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/08/14 à 15:18 - Mise à jour à 15:18

Embargo russe: après les produits agroalimentaires, le ciel sibérien ?

L'UE a très nettement durci ses sanctions à l'égard de la Russie. Du coup, Vladimir Poutine a lancé des mesures de rétorsion officielles sur l'importation de produits alimentaires européens et américains. En attendant d'autres mesures... ?

L'Union européenne vient de très nettement durcir ses sanctions à l'égard de la Russie. Les nouvelles mesures frappent encore plus fortement l'entourage immédiat de Vladimir Poutine, un entourage composé de ces fameux oligarques. Autrement dit, ces fameux hommes d'affaires multimilliardaires qui auront désormais plus de difficulté pour voyager, pour voir leurs enfants ou leur famille établis à l'étranger ou pour lancer des transactions financières à l'étranger.

Bref, le but poursuivi par l'Europe, c'est de faire en sorte que ces hommes de pouvoir finissent par influencer directement Poutine et le forcer à lâcher du lest dans sa politique en Ukraine. L'Europe croit à cette pression des hommes d'affaires russes, tout simplement parce que leur vie privée et professionnelle sera devenue impossible à gérer.

Pour l'heure, la Russie ne semble pas vouloir plier. Les mesures de rétorsion officielles du côté russe ne sont connues que partiellement, et notamment l'interdiction d'importer certains produits alimentaires en provenance d'Europe de l'Ouest et des USA. Mais il semblerait que la Russie prépare une autre mesure de rétorsion à l'égard des pays occidentaux, à savoir la réduction ou l'interdiction de survol de la Sibérie.

Si c'est le cas, les compagnies aériennes européennes risquent de faire les frais de ce bras de fer entre la Russie et l'Occident. Pour ces compagnies qui desservent le Japon, la Corée et la Chine, l'interdiction de survoler la Sibérie serait une catastrophe financière.

Pourquoi ? Parce qu'elles seraient alors obligées de passer par l'Asie Mineure ou l'Inde, ce qui reviendrait à augmenter la durée de vol de une ou deux heures en direction du Japon ou de la Chine. Deux heures de vol en plus, c'est autant de carburant à payer en plus, et c'est autant de fret à mettre en moins à transporter. Bref, le coût de cette éventuelle interdiction de survol de la Sibérie ferait perdre des dizaines de millions d'euros par semaine à ces compagnies aériennes européennes, qui je le rappelle organisent des centaines de vols par semaine en direction du Japon ou de la Chine !

Sans compter que ces compagnies aériennes, qui sont déjà fragiles sur le plan financier, le seront encore plus demain face aux compagnies aériennes des pays du Golfe qui ne demandent qu'à les supplanter.

Le seul petit bémol qui pourrait faire en sorte que cette interdiction de survol n'ait pas lieu, c'est le fait que la Russie prélève des taxes sur les compagnies européennes qui traversent le ciel de Sibérie. Donc, si la Russie interdit le survol de la Sibérie, elle va se priver automatiquement de revenus fiscaux... Affaire à suivre.

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