Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/02/11 à 09:47 - Mise à jour à 09:47

Egypte, Tunisie... Les investisseurs ont appris à vivre avec le risque géopolitique !

Avec le début de guerre civile en Egypte, la peur a saisi les marchés financiers. Pas au point de faire paniquer les principaux indices boursiers, mais tout de même...

Avec le début de guerre civile en Egypte, la peur a saisi les marchés financiers. Pas au point de faire paniquer les principaux indices boursiers, mais tout de même... En réalité, ce que redoutent les marchés financiers, c'est, dans l'ordre, le blocage du canal de Suez par lequel transitent 1,8 million de baril par jour, et la contagion de la révolte, non vers des pays comme la Jordanie mais plutôt l'Algérie et l'Arabie Saoudite, qui sont des producteurs de pétrole.

Certains commentateurs affirment que le facteur "risque politique" a refait surface à l'occasion de la crise tunisienne. C'est en partie juste, mais en partie seulement. Car les investisseurs internationaux ont appris à vivre avec le risque géopolitique depuis 10 ans. Souvenez-vous des attentats du 11 septembre, de l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan, ou encore de l'Iran et de son armement nucléaire. Tous ces éléments existent depuis plusieurs années et font que les Bourses ont appris à intégrer ce genre de risque.

Et puis, il faut raison garder : si l'Egypte abrite une population équivalente à celle de l'Allemagne, la comparaison s'arrête là. Pour le reste, l'économie égyptienne pèse à peine la moitié de l'économie suisse !

La prudence reste malgré tout de mise. En général, lorsque la tension géopolitique est à son comble, les investisseurs ont tendance à déserter les actions et les obligations d'entreprise au profit de l'or. Le métal jaune avait perdu 7,5 % au mois de janvier : il vient d'en récupérer une bonne partie en quelques jours.

L'autre actif qui profite de la crise égyptienne, c'est le pétrole. Depuis quelques jours, le baril a dépassé les 100 dollars alors qu'aucune raison économique ne justifie cette hausse. Il semblerait que ce soit le résultat de la spéculation. En effet, pour les spéculateurs, la crise et le chaos qui s'ensuit restent - comme toujours - de bons moyens pour s'enrichir rapidement.

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