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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/04/11 à 11:31 - Mise à jour à 11:31

Dollar en chute libre : l'agenda caché des Etats-Unis

A tort ou à raison, pour la première fois, le statut du dollar est remis en cause publiquement et pas seulement par une journaliste suisse en mal de copie.

Le dollar n'a jamais été aussi faible face à l'euro. La monnaie unique européenne vaut en effet 1,48 dollar aujourd'hui. C'est une excellente nouvelle pour les Belges qui veulent faire une escapade à New York ou acheter un pied-à-terre en Floride afin de s'assurer une retraite au soleil, profitant non seulement de la baisse des prix de l'immobilier en Floride mais également de la dégringolade du billet vert.

Pour les Etats-Unis, en revanche, ce n'est sans doute pas un drame à court terme. C'est ce que veulent les autorités américaines : faire fondre le dollar pour augmenter leurs exportations et, donc, prendre des parts de marché à leurs partenaires européens.

Voilà pour le court terme. A un horizon un plus long, cette glissade du dollar confirme toutefois la thèse de ceux - et ils sont de plus en plus nombreux - qui pensent que le dollar est condamné au déclin. Jusqu'à présent, il était économiquement et surtout "américanement" incorrect de prédire la mort du dollar. Certains auteurs ne se privent plus de le dire - et surtout de l'écrire.

Pour produire 14.000 milliards de dollars de revenu national par an, autrement dit de PIB, les Etats-Unis ont généré 50.000 milliards de dollars de dette publique et privée. Chaque année, les Etats-Unis doivent dès lors payer 4.000 milliards de dollars en intérêt ! C'est donc tout bonnement une situation intenable.

Myret Zaki, une journaliste à succès qui est à l'origine d'un livre sur la fin du dollar, pense d'ailleurs que cette fin n'est qu'une question de temps. A ses yeux, les Etats-Unis ont même réussi à cacher leur situation, qui est encore plus désastreuse que la nôtre en Europe, en détournant l'attention sur le dollar et notamment en discréditant systématiquement l'euro via la presse financière anglo-saxonne.

Prenons l'exemple de la Grèce. Voici un pays qui pèse à peine 2 % du PIB de la zone euro et qui a servi de prétexte pour mettre en cause l'euro. On n'a rien entendu de tel sur la Californie, qui est en état de quasi-faillite et abrite non pas 10 millions d'habitants, comme la Grèce, mais 38 millions. Sans compter le fait que la Californie ne pèse pas 2 % du PIB américain mais 12 %.

Autrement dit, la crise en Californie est plus grave que celle de la Grèce mais on ne l'évoque pas, ou si peu. De même, on ne parle pas du fait que 30 % des Etats américains sont aussi en quasi-faillite.

Aujourd'hui, cependant, les langues se délient. A tort ou à raison, pour la première fois, le statut du dollar est remis en cause publiquement et pas seulement par une journaliste suisse en mal de copie.

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