Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/10/13 à 10:38 - Mise à jour à 10:38

Dianne Reidy et le relèvement du plafond de la dette américaine

Les Républicains ont bloqué le relèvement du plafond de la dette publique américaine parce qu'ils ont peur de l'assistanat, du Diable et du socialisme incarné par Obama. La raison est plus triviale : il s'agit d'un simple calcul électoral de classe sociale.

Il s'est passé hier un incident rarissime aux Etats-Unis. Alors que la tension était déjà maximale pour arriver à un compromis entre démocrates et républicains sur le fameux plafond de la dette, les débats entre parlementaires ont été perturbés par une sténographe qui travaille à la Chambre des représentants.

La scène rarissime a même été filmée par l'un des députés et vous pouvez la retrouver sur le Net. Dianne Reidy, puisque c'est de elle dont on parle, s'est levée pour prendre le micro du perchoir central, et elle a alors lancé : " Praise be to God Jesus Christ ".

Et puis, devant des parlementaires qui n'en revenaient pas, elle s'est lancée dans un monologue confus, en estimant, par exemple, que les Etats-Unis n'étaient pas une nation qui agit " dans le respect de Dieu ", mais une " maison divisée" car les "Francs-Maçons" ont écrit la Constitution. "Ce n'est pas le travail du Seigneur " a-t-elle ajouté avant d'être emmenée de force hors du Congrès.

Si j'évoque cette anecdote, c'est pour montrer à quel point, une frange radicale des Républicains, et plus globalement du peuple américain, s'est opposée au relèvement du plafond de la dette publique, non pas par principe, mais pour forcer Obama à revenir sur la couverture santé qu'il a accordé à 30 millions d'Américains dans le besoin. Pour le Tea Party, qui représente cette frange extrême de l'électorat américain, cette couverture santé est synonyme d'assistanat, donc de socialisme un péché suprême pour pas mal d'Américains. Pour eux, Obama représente une sorte de nouvelle incarnation du Diable qui, forcément, se cache sous un discours socialiste ou jugé comme socialiste.

En réalité, ce que n'a pas compris ou voulu comprendre cette charmante sténographe, c'est que sous couvert de combattre l'assistanat, ce dont ont peur en réalité les Républicains, c'est que cette couverture médicale ne soit financée par des hausses d'impôts sur les ménages aisés. Derrière l'évocation de Dieu se cache en réalité un bête calcul électoral de classe sociale.

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