Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/10/11 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Dexia, DenizBank et la revanche du Sud sur le Nord

Le feuilleton du démantèlement de Dexia se poursuit. Mardi, la Qatar National Bank a annoncé qu'elle poursuivait ses négociations avec DenizBank, filiale turque de Dexia, pour la racheter.

Le feuilleton du démantèlement de Dexia se poursuit. Mardi, la Qatar National Bank a annoncé qu'elle poursuivait ses négociations avec DenizBank, filiale turque de Dexia, pour la racheter. Je vous rappelle que cette filiale est sans doute l'actif le plus précieux de Dexia et qu'à juste titre, elle suscite l'intérêt de pas mal de banques étrangères, qui y voient un moyen de pénétrer le marché turc à bon compte.

En bonne négociatrice, la banque du Qatar a précisé qu'un accord dépendra de la manière dont la filiale turque de Dexia pourra s'intégrer dans sa stratégie d'expansion... et bien entendu du prix de vente. D'après des sources proches du dossier, l'offre du Qatar pourrait atteindre 6 milliards de dollars. Pour vous donner une idée, Dexia avait payé 3,24 milliards de dollars pour s'offrir la banque turque.

Ce serait donc une bonne affaire pour Dexia. C'est pourquoi cette simple annonce d'un éventuel rachat par une banque du Qatar a permis au titre Dexia de reprendre de très légères couleurs.

Au-delà de Dexia, cette affaire montre que la crise de la dette en Europe profite aux pays émergents. Le Qatar sait qu'il n'aura plus de gaz d'ici 20 ou 30 ans, et achète tout ce qu'il peut. Il vient de racheter KBL, filiale de la KBC, et montre à présent son intérêt pour la filiale turque de Dexia. Le Qatar n'est toutefois pas seul : des pays comme le Brésil et la Chine disent qu'ils sont aussi prêts à aider l'Europe, y compris en achetant de la dette publique.

Vous vous en doutez, ces pays posent leurs conditions. Dans le cas de la Chine, elle demande qu'on la reconnaisse comme une économie de marché de plein droit au sein de l'OMC. Ce stade est prévu pour 2016, mais la Chine voudrait avoir ce statut dès maintenant. Pourquoi ? Parce que ce statut lui permettra de devenir plus difficilement attaquable sur le plan de ses pratiques commerciales.

Autrement dit, la Chine et le Brésil profitent de la crise européenne pour exiger des avantages commerciaux. C'est en quelque sorte la revanche des pays du Sud sur ceux du Nord.

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