Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/07/12 à 10:20 - Mise à jour à 10:20

Destination soleil de dernière minute

Les journalistes seraient-ils des oiseaux de mauvaise augure ? C'est ce que semblent penser un certain nombre d'opérateurs touristiques belges.

On l'a vu il y a quelques jours avec les responsables touristiques de la côte qui s'en étaient pris aux prévisions à long terme de meteobelgique.be. Le site s'est défendu de sa bonne foi. D'abord en pointant le fait que ses prévisions ne sont que des tendances. Ensuite, en attaquant les médias qui auraient tendance - c'est le cas de le dire - à exagérer ces mêmes prévisions, avec des titres comme "Eté pourri", dont le site n'est pas responsable.

Plus récemment, c'est au tour des responsables de parcs d'attraction comme Walibi ou Pairi Daiza de critiquer à nouveau les médias en demandant une présentation plus positive des bulletins météo. Il faudrait parler, selon ces responsables, de soleil plutôt que d'éclaircies, ce qui ne serait pas tout à fait la même chose dans l'esprit des auditeurs ou téléspectateurs.

Il est vrai que ces bulletins météo, jugés à tort ou à raison comme pas assez complets ou trop pessimistes, ont des répercussions financières fortes avec des fréquentations en baisse de 50% et un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers d'euros par jour pour le secteur.

De leur côté, les médias répondent qu'ils ne sont pas responsables du climat et qu'en plus, il n'est pas question d'embellir le tableau pour les beaux yeux du secteur touristique dont ils ne veulent pas devenir le service marketing.

Pendant que les uns et les autres se renvoient la balle, les réservations "last minutes" explosent. Chez Thomas Cook par exemple, entre le 6 et le 9 juillet, le taux d'occupation des avions a été de 100% contre 94 à 96 % habituellement.

Même topo chez Jetair qui constate une augmentation de ce type de réservations de 10 à 30% par jour comparé à l'an dernier. Les destinations qui progressent sont la Grèce avec (+ 34,5%) -quand je dis la Grèce, ce sont les îles et non la capitale, Athènes. La Turquie et l'Espagne progressent respectivement de 32,5% et 20%.

Les perdants dans cette affaire sont l'Egypte en raison de la situation politique, ainsi que les pays voisins comme la Suisse (- 37%), le Luxembourg (- 28%) ou l'Autriche (- 9,8%) et même la France (- 9,4%).

Je terminerai cette chronique par une devinette : Pourquoi Dieu a-t-il créé les économistes ? Pour que les prévisions des météorologues soient prises au sérieux.

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