Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/09/11 à 10:19 - Mise à jour à 10:19

Des emprunts au niveau de l'union européenne

En économie comme en politique, la tribu des "y a qu'à" a beaucoup de succès, surtout dans les discussions de café de commerce. L'une des thèses des "y a qu'à" consiste à dire que puisque la Grèce nous pose problème et que ce pays n'arrive pas à emprunter à des taux raisonnables, pourquoi ne pas lancer des emprunts, non pas au niveau de chaque pays, mais au niveau de l'union européenne.

Comme l'union européenne n'est pas endettée en tant qu'entité juridique, elle est donc vierge et pourrait emprunter au nom de l'Europe. Comme elle aurait d'office la meilleure note, çàd une note AAA, les taux d'intérêt demandés ne seraient pas exorbitants. Voilà, en gros, l'idée des "y a qu'à" : émettre des euro-obligations ou plutôt des euro-bonds pour parler comme les financiers. Tout cela afin de résoudre notre crise et empêcher la Grèce de se retrouver à la UNE des journaux tous les 3 mois !

L'idée est séduisante intellectuellement SAUF qu'elle ne plait pas aux Allemands et à Angela Merkel en particulier ! Question : pourquoi cette réticence de Mme Merkel ? Pour deux raisons. La première, c'est que si les euro-obligations ou euro-bonds comme les appellent les spécialistes pourront permettre de baisser le taux d'emprunt de la Grèce, en revanche, cela se ferait au détriment des pays plus riches comme l'Allemagne qui eux paieraient un taux d'intérêt plus élevé. Les calculs parlent de plus de 40 milliards d'euros en plus pour l'Allemagne. En clair, l'émission d'euro-bonds signifie qu'on va transférer le coût du financement des pays les plus fragiles vers les pays les plus forts. C'est invendable politiquement.

La deuxième raison qui fait que Mme Merkel cale sur cette idée, c'est que le gouvernement grec, risque de relâcher ses efforts grâce aux euro-bonds puisqu'il pourrait se financer à meilleur compte, et donc comme la pression financière serait moins forte, le gouvernement grec pourrait être tenté de reporter les réformes nécessaires pour rendre plus compétitif la Grèce. Voilà pourquoi Angela Merkel ne veut pas entendre parler de cette solution. N'oublions pas que les Allemands ont accepté de lâcher leur Deutsche Mark pour l'euro à une condition que les pays appartenant à l'euro gèrent bien leurs finances publiques. Le cas de la Grèce qui a triché avec ses comptes donne l'impression aux Allemands, à tort ou à raison, qu'ils ont été trompés. D'où leur dureté envers la Grèce.

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