Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/11/12 à 09:44 - Mise à jour à 09:44

Déprécier sa monnaie nationale, mode d'emploi

Quand la croissance d'un pays est en panne, un vieux truc pour la relancer, c'est de déprécier sa monnaie. L'idée, c'est de rendre la monnaie nationale fondante par rapport aux monnaies des concurrents et de leur piquer ainsi des parts de marché, autrement dit, de leur voler une partie de leur croissance.

En zone euro, la Grèce ne peut justement pas jouer à ce petit jeu, car elle a adhéré à l'euro, elle ne peut donc pas dévaluer seule l'euro. C'est ce qui explique en partie son agonie. En revanche, d'autres pays hors zone euro ne se gênent pas. Première question, comment s'y prennent-ils ? Les méthodes diffèrent selon les pays et les moments.

L'une des manières d'affaiblir sa devise, c'est de maintenir les taux d'intérêt proches de zéro, c'est ce que font les Etats-Unis par exemple. D'autres pays procèdent via le bluff, les menaces ou les intimidations à l'égard des spéculateurs, histoire de leur dire qu'ils ne doivent pas spéculer sur une hausse de la devise en question, sans quoi, ils risquent de perdre des plumes. D'autres, comme la Suisse, vont jusqu'à fixer un plafond entre l'euro et le franc suisse, justement pour éviter que leur monnaie ne grimpe trop fort et n'handicape les exportations suisses.

D'autres pays sont encore plus subtils, c'est le cas du Pérou. La banque centrale de ce pays intervient sur sa devise, non pas pour la stabiliser, mais pour la rendre encore plus volatile. Le but poursuivi, c'est de décourager la spéculation à court terme en la rendant plus risquée. En conclusion, certains pays font tout en ce moment pour affaiblir leur monnaie. Autrement dit, pour redonner de la compétitivité artificielle à leur pays. En cette fin d'année, on peut dire sans risque de se tromper que la plupart des pays se livrent une guerre des monnaies, et tout cela pour essayer de voler un peu de croissance chez les voisins. Le seul problème dans ce genre d'attitude, c'est quand tous les pays ont la même idée, et dans ce cas-là, cela ressemble à une guerre avec comme résultat zéro partout.

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