Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/09/12 à 09:57 - Mise à jour à 09:57

Conseils d'un vieux "sage" de la finance

A 80 ans, on dit généralement ce que l'on pense. Forcément, à cet âge, on a plus rien à prouver. C'est le cas d'une des légendes de Wall Street, Burton Malkiel, puisque c'est de lui dont il s'agit. Il est l'auteur d'un des ouvrages financiers le plus lu au monde - vendu à 1,5 million d'exemplaires. De passage en Suisse, il en a profité pour donner une interview décapante sur la situation financière actuelle.

Qu'-a-t-il dit, en substance ? D'abord, il pense - notamment sur la base de ses propres études statistiques - que cela ne sert à rien de faire confiance à un gestionnaire de fonds pour qu'il déniche pour vous l'action bon marché, qu'il revendra évidemment nettement plus cher.

Autrement dit, le gestionnaire qui vous dit qu'il va surperformer l'indice X ou Y grâce à cette action ne cherche qu'à empocher des commissions d'achats et de vente. A en croire cette légende de Wall Street, c'est impossible de battre le marché. Donc plutôt que d'investir dans des fonds actifs, laissez-vous tenter par des fonds passifs, c'est-à-dire des fonds qui suivent l'indice boursier de référence.

A la question de savoir s'il n'est pas trop dangereux d'investir aujourd'hui en actions, sa réponse fuse immédiatement. Pour Malkiel, investir autre part qu'en actions est une hérésie. D'autant - et c'est là où cela devient intéressant - que cet expert dit très clairement que les Etats occidentaux sont en train d'organiser ce que les spécialistes appellent la "répression financière". Les Etats ont donc tout intérêt à garder les taux d'intérêt les plus bas possible, car ils ont une dette publique à rembourser.

Donc, si on tient compte de l'inflation, les gouvernements offrent en ce moment des taux d'intérêt négatifs aux détenteurs d'obligations. C'est donc bien de la répression financière. Pour lui, il est clair que les gouvernements occidentaux règlent leur problème d'endettement sur le dos des épargnants.

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