Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/04/14 à 10:04 - Mise à jour à 10:04

Comment Xerox peut réussir le virage du numérique

Ce qui est magnifique dans le business, c'est de voir comment des firmes emblématiques arrivent à s'en sortir face à la concurrence d'Internet et à la révolution numérique en général. C'est le cas de la société Xerox.

Nous connaissons tous des firmes qui ont malheureusement raté ce virage et qui l'ont payé fortement soit en disparaissant, soit en devenant l'ombre d'elles-mêmes. Des marques comme Nokia ou Kodak en sont des preuves. C'est d'autant plus intéressant d'écouter la patronne américaine d'une firme aussi connue que Xerox.

Là encore, a priori, on pourrait se dire : "voilà une firme qui va souffrir, voire disparaître car avec l'explosion des emails, le secteur de l'impression n'a visiblement pas un grand avenir." En fait, c'est plus compliqué qu'il n'y parait selon Ursula Burns, la PDG de Xerox qui a accordé une intéressante interview au journal français Les Echos. D'abord, elle est déjà consciente que son marché est en décroissance, ce qui est une bonne chose, car comme le disait mon professeur de mathématique, "un problème bien posé est un problème à moitié résolu". Aujourd'hui encore, les impressions en noir et blanc représentent 60% du volume des pages imprimées, ce volume ira en décroissant partout dans le monde. Mais la patronne de Xerox précise aussitôt que si le noir et blanc décline, l'impression couleur, elle, se stabilise et va même progresser. Là encore, parce que les impressions en couleur servent à faire de la promotion, du packaging de grandes compagnes de communication. Bref, la couleur, c'est l'équivalent du haut de gamme pour Xerox, et là, il y a encore un avenir.

Et puis, l'autre façon de Xerox de gérer le déclin de l'impression du noir et blanc - Xerox gagne surtout sa vie grâce aux recharges - c'est de se développer dans les services. Xerox se positionne aujourd'hui sur certains services comme un concurrent de firmes comme IBM ou Tata Consulting. Xerox propose, par exemple, aux entreprises d'optimaliser certaines procédures afin de réduire le nombre d'impressions. Oui, c'est vrai, d'un côté Xerox gagne moins d'argent avec sa division historique, mais de l'autre côté, cette même firme facture des frais de consulting ce qu'elle ne faisait pas auparavant. Même topo avec certains opérateurs télécoms qui sont également des clients de Xerox. En effet, Xerox a racheté une entreprise européenne spécialisée dans les données personnelles et le service aux opérateurs télécoms. Le but de ces opérateurs télécoms, c'est d'avoir le moins d'appels possibles, car les clients appellent toujours en cas de problème Si les clients appellent moins, c'est que le service est donc meilleur. Grâce au rachat de cette société spécialisée dans l'utilisation de certaines données spécifiques, Xerox arrive à repérer les problèmes et à réduire le nombre d'appels vers les opérateurs télécoms.

Oui, au final, Xerox s'invente une nouvelle vie, et essaie de gérer la transition vers cette nouvelle vie. Au fond, une entreprise, c'est comme un être humain, elle voit le jour, elle grandit et elle est peut-être vouée un jour ou l'autre à disparaitre sauf si cette firme se réinvente et trouve de nouveaux créneaux. C'est important de pouvoir réussir ce virage, car si la stratégie d'un patron rate, c'est autant de jobs qui sont en jeu.

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