Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/07/12 à 09:38 - Mise à jour à 09:38

Combien cet avion dans la vitrine ?

En période de vacances, beaucoup de personnes prennent l'avion, ne serait-ce que pour chercher le soleil qui fait cruellement défaut chez nous. Mais vous êtes-vous déjà posé la question de ce que coûte un avion de ligne ? Sans doute que non et très honnêtement, tant vous que moi aurions du mal à trouver la réponse, pour la bonne raison que ce prix est probablement l'un des secrets les mieux gardés au monde.

En réalité, c'est le prix réel qui n'est pas connu car pour le prix catalogue, c'est une autre histoire. La compagnie américaine Boeing, par exemple, vient d'annoncer lors d'un salon aéronautique qui s'est tenu en Grande-Bretagne, qu'elle avait reçu une commande pour 75 appareils pour un montant de 7,2 milliards de dollars.

Ce qui est important dans cette communication officielle, c'est que Boeing a ajouté qu'il s'agissait du prix catalogue. Ce qui veut bien dire qu'entre le prix catalogue est le prix réel, il y a encore de la marge. Autrement dit, aucune compagnie d'aviation au monde ne s'acquitte du prix catalogue.

Tenter de savoir quelle est la remise accordée à ces compagnies aériennes est pire que d'essayer de percer un secret d'Etat. Donc les rumeurs vont bon train. Courageux, le Wall Street Journal a pourtant mené l'enquête. Il semblerait que les rabais peuvent aller de 20 à 60%. La marge de négociation tellement large démontre bien que personne n'est réellement au courant des remises pratiquées dans le secteur.

En réalité, la négociation dépend fortement du volume d'achat. En d'autres termes, mieux vaut être une grande compagnie aérienne et commander plusieurs appareils d'un seul coup. Mais le volume de la commande n'est pas le seul élément du prix. L'autre est la motorisation de l'avion, qui représente entre 20 et 30% du prix final. Là encore, c'est directement avec le fabriquant de moteur que se fait la discussion. Même chose pour les sièges ou le bloc-cuisine pour lesquels c'est aux compagnies de préciser le fournisseur de leur choix. C'est ensuite à elles de livrer les pièces à l'avionneur qui fera le montage final.

Au total, à l'instar d'une voiture, les options peuvent atteindre 10% du prix final. Comme le précisait aussi le journal suisse Le Temps, puisque le marché se divise entre Boeing et Airbus, il est clair qu'un client qui quitte l'un pour aller vers l'autre, obtient généralement un rabais supplémentaire. Mais ce transfert de client, encore une fois, se fait dans la plus grande discrétion pour ne pas froisser les clients existants qui pourraient avoir l'impression d'avoir surpayé leurs avions. Voilà pourquoi le prix réel des avions de ligne reste un mystère très bien gardé.

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