Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/03/13 à 10:55 - Mise à jour à 10:55

Chypre: après la crise bancaire, la crise politique

A Chypre, rien ne va plus : après la crise de confiance bancaire, c'est maintenant une crise politique qui a éclaté sur la petite île puisque comme vous le savez, les parlementaires chypriotes ont rejeté le projet de taxation des dépôts bancaires qui comme vous le savez aussi était destiné à financer la recapitalisation des banques du pays.

Le pays devra donc trouver une solution alternative pour lever 5,8 milliards d'euros. Mais la directrice du FMI, Christine Lagarde, et le ministre allemand des Finances ont été très nets : il n'y aura pas de plan B du côté européen. Sans les 5,8 milliards d'euros exigés par l'Europe et le FMI, les banques chypriotes qui sont en difficulté seront menacées de faillite.

Dans cette sordide affaire de taxation des comptes bancaires, la plupart des commentaires ont été très négatifs et, soyons honnêtes, moins pour le sort des pauvres Chypriotes que parce que chacun s'est dit : "et si demain, cela arrivait en Belgique" ?

Je ne résiste pas aujourd'hui à la tentation de vous livrer une analyse totalement différente, celle de Marc Fiorentino, qui est un ancien trader parisien reconverti dans le conseil financier. Que dit-il en substance ?

Primo : que cette taxation des dépôts chypriotes est une excellente idée même si elle secoue pendant quelques jours la zone euro. Pourquoi ? Parce que selon Marc Fiorentino, la zone euro en a ras le bol des pays qu'elles n'auraient jamais dû accueillir et qui la mettent en danger. Chypre c'est à peine 0.2 % du PIB Européen et il va pourtant falloir leur prêter encore 10 milliards d'euros. Et donc, quand l'Europe dit aux Chypriotes, nous vous prêterons 10 milliards, mais à condition que vous trouviez 5,8 autres milliards de votre côté, l'Europe envoie un signal positif. C'est fini l'époque des deal foireux, l'Europe aide dorénavant mais avec des contreparties !

Secundo, Marc Fiorentino se dit que dans des pays sans administration fiscale digne de ce nom, comme c'est le cas à Chypre ou en Grèce, rien ne sert d'augmenter les impôts car ils ne seront jamais payés, et donc, autant se servir à la source. Et il précise même qu'avec le recul, on va regretter de ne pas avoir fait cela en Grèce.

Tertio, quant à ceux qui craignent que cela donne des idées aux gouvernements du nord de l'Europe, il n'y croit pas une seconde. Selon Marc Fiorentino, il n'y a aucun risque que cela se reproduise dans un autre pays. Car Chypre est un "pays" particulier où les dépôts bancaires ont 5 fois la taille du PIB et dont la moitié de ces dépôts est constituée de l'argent russe pas forcément très clean. Maintenant et comme toujours, il s'agit là d'une opinion, très tranchée certes, à vous de voir si elle est pertinente ou pas.

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