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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/10/12 à 14:32 - Mise à jour à 14:32

Ces financiers fous qui achètent de la dette espagnole et italienne

Hier, je vous ai parlé de la folle histoire de Google qui avait perdu la semaine dernière 20 milliards de dollars en valorisation boursière et cela, en 30 secondes. Aujourd'hui, j'ai quelque chose d'encore plus étonnant à partager avec vous.

Hier, je vous ai parlé de la folle histoire de Google qui avait perdu la semaine dernière 20 milliards de dollars en valorisation boursière et cela, en 30 secondes. Aujourd'hui, j'ai quelque chose d'encore plus étonnant à partager avec vous.

Savez-vous que des financiers importants investissent aujourd'hui l'argent de leurs épargnants en obligations espagnoles et italiennes ? Ça a l'air fou à première vue, mais c'est la vérité. Ces financiers, non seulement l'assument, mais accordent des interviews, au journal Le Temps par exemple, dans lesquelles ils avouent avoir acheté de la dette espagnole et italienne. "Des fous, ce sont des fous qui ont fait cela!", aurez-vous sans doute tendance à répondre. Pas du tout, il s'agit du fonds PIMCO. Le nom ne vous dit sans doute rien, mais ce fonds est le plus important fonds obligataire au monde, il gère plus de 1.820 milliard de dollars d'actifs. Son gérant vedette, l'américain Bill Gross, est d'ailleurs reçu comme un chef d'Etat par les véritables chefs d'Etat car son fonds est un grand acheteur de dettes publiques, il vaut mieux donc le choyer. Son gérant Bill Gross est donc une vedette et a un salaire de vedette en conséquence. Il gagne..., tenez-vous bien, 100 millions de dollars par an pour gérer ce fonds !

Mais venons-en au principal, le fonds Pimco investit une partie de son portefeuille dans des obligations italiennes et espagnoles. La seule question qui vaille c'est "pourquoi ?" Première raison : les taux d'intérêt vont rester bas pendant quelques années, car les gouvernements veulent rembourser leurs dettes publiques avec des taux d'intérêt le plus bas possible. Deuxième raison : les obligations de pays solides comme l'Allemagne ou les Pays-Bas n'offrent quasi plus de rendement. Tertio : grâce aux mesures prises par la banque centrale européenne le 6 septembre dernier, nous savons que ces deux pays ne devraient pas avoir de problème de financement dans les 3 ans à venir. Si vous ajoutez à cela un quatrième élément : à savoir que la volatilité sur les marchés s'est fortement réduite, tout est en place, selon les gestionnaires de ce fonds, pour acheter, sans courir trop de risque, des obligations espagnoles et italiennes qui ont 2 ou 3 ans de durée maximum, car elles offrent évidemment un rendement supérieur aux autres obligations européennes. Voilà la stratégie actuelle d'un des plus grands fonds obligataire au monde. C'est contre-intuitif et je voulais vous en parler, car ce fonds gère l'épargne de millions de (futurs) retraités.

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