Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/06/10 à 10:29 - Mise à jour à 10:29

Ces banques que le contribuable européen aura sauvées trois fois

Au final, dans certains cas, on pourra dire que le contribuable européen aura sauvé trois fois les banques. Une information qui ne fera pas la "une" des journaux télévisés...

L'Europe a finalement craqué : elle jouera la carte de la transparence. D'ici la fin du mois de juillet, on saura quelles sont les banques européennes qui se portent bien et celles qui auront besoin d'un coup de main, soit de leurs actionnaires pour les recapitaliser, soit des gouvernements concernés qui, pour la troisième fois, devront aider leur banques.

L'Europe des 27 publiera d'ici la fin de juillet le résultat de tests de résistance. Ces stress-tests sont des tests de résistance théoriques, opérés sous la forme de simulations. On observe par exemple l'impact sur telle ou telle banque d'une croissance économique chutant brusquement de + 1 % à - 3 %. Sur la base de ces simulations, on vérifie que la banque en question est armée pour résister à un choc économique de grande ampleur et parfois imprévisible.

Les Américains avaient déjà réalisé ces tests en 2009 et rendu public le résultat, ce qui a contribua à calmer les marchés financiers. L'Europe, si elle a accompli les mêmes tests, s'est contentée de déclarer que les banques européennes allaient bien... sans dévoiler de résultat.

2010 n'est cependant pas 2009. Les marchés financiers ont fait pression pour que l'Europe réalise de nouveaux tests... transparents, cette fois. Les Européens n'étaient pas très chauds mais n'ont pas eu le choix. La semaine dernière, l'Espagne a été victime de certaines rumeurs selon lesquelles des banques ibères cacheraient des cadavres dans le placard. Une information immédiatement démentie mais qui a fait du mal aux autres banques du continent.

Afin de faire taire ces rumeurs, l'Europe a décidé de jouer cartes sur table. D'ici la fin de juillet, on saura donc quelles banques européennes n'ont aucun problème et lesquelles devront sans doute se recapitaliser et faire appel à nouveau à l'argent des contribuables. Au final, dans certains cas, on pourra dire que le contribuable européen aura sauvé trois fois les banques. Une information qui ne fera pas la "une" des journaux télévisés...

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