Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/06/11 à 10:06 - Mise à jour à 10:06

Ce que les horaires d'accès de l'Acropole disent de la Grèce

Pour comprendre que c'est la révolution sociale en Grèce, il faut se rendre sur le site de l'Acropole.

Pour comprendre que c'est la révolution sociale en Grèce, il faut se rendre sur le site de l'Acropole. Ce site n'était accessible que huit mois par an et seulement neuf heures par jour. D'avril à septembre, son accès était interdit après 17 heures. En réalité, du fait de certaines mauvaises habitudes prises par les fonctionnaires en charge de l'Acropole, la plupart des touristes devaient même rebrousser chemin dès 15 heures.

Ces mauvaises habitudes appartiennent au passé, puisque le site de l'Acropole sera désormais ouvert 11 heures par jour et toute l'année. L'information semble anecdotique mais elle résume bien le changement à l'oeuvre en Grèce. Voilà un pays qui est littéralement en état de faillite et qui doit non seulement réformer en profondeur son administration - voir l'exemple de l'Acropole - mais qui risque aussi, selon les syndicats grecs, de passer sous tutelle de l'étranger, du fait de son programme de privatisations forcé de 50 milliards d'euros.

Les caisses de l'Etat sont vides, la dette publique est de 340 milliards d'euros et le gouvernement au pouvoir est mis sous pression à la fois par l'union européenne et par le FMI pour se désendetter au plus vite.

Pour trouver ces 50 milliards d'euros d'ici à 2015, tout y passe : on parle de privatiser les ports, les aéroports, les chemins de fer, l'eau d'Athènes, les hippodromes, les télécoms et la banque postale. On parle même de vendre des plages, ou plutôt de privatiser certaines plages sur le modèle de ce qui existe déjà près d'Athènes. Ce qui fait craindre aux Grecs qu'ils ne pourront plus se baigner sans payer !

Pour les syndicats, ce programme de privatisation ne passe pas. A leurs yeux, il s'agit d'une occupation étrangère, voire d'une dictature ou même d'une nouvelle forme de colonisation. C'est vrai que toutes ces privatisations auront sans doute pour résultat de brader des fleurons de l'économie grecque.

Le résultat de tout cela, c'est qu'avec un taux de chômage officiel de 16 %, plus d'un jeune grec sur trois dit qu'il quittera le pays pour trouver un meilleur avenir ailleurs. Voici la meilleure preuve que ce pays est, hélas, sinistré.

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