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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/02/10 à 10:59 - Mise à jour à 10:59

Ce que le rapport de la BNB nous dit de la Belgique

Le dernier rapport de la Banque nationale de Belgique ne se lit généralement pas comme un roman à la plage. Derrière les chiffres et les tableaux de ce rapport, cependant, est en quelque sorte résumée la vie des gens, de vous et moi. Le lire est donc toujours instructif.

Ce que le rapport de la BNB nous dit de la Belgique

© Belga

On y apprend par exemple que, face à l'incertitude de son avenir, le Belge épargne comme jamais : fin 2009, le Belge a épargné en moyenne 20 % de son revenu, presque un record !

La banque ING confirme la tendance. Son baromètre du moral des épargnants belges, qui date de janvier, démontre en effet que la fermeture de l'usine Opel Anvers a visiblement affecté le moral des épargnants. Pas seulement les néerlandophones, puisque cette fermeture a eu un impact à Bruxelles comme en Wallonie. Tout comme la possible faillite de la Grèce évoquée par les médias.

Face à cette peur de l'avenir, le Belge se transforme en fourmi... Une fourmi qui ne se sort pas trop mal de la crise, d'ailleurs. Là encore, le rapport annuel de la BNB démontre que les particuliers ont - heureusement - récupéré en 2009 la moitié de leurs pertes boursières de 2008. Si l'on regarde les chiffres dans leur ensemble, on découvre que le Belge, malgré la crise, se porte relativement bien. Si l'on retire des statistiques les engagements financiers des Belges, autrement dit leurs dettes financières (181 milliards d'euros au total), nos compatriotes conservent un patrimoine global de 1.700 milliards d'euros. Montant qui inclut bien entendu leur patrimoine immobilier.

Soyons clairs : ces 1.700 milliards représentent une somme bien réelle mais qui, en période de crise, reste abstraite pour les citoyens. Comme le faisait remarquer Etienne de Callataÿ, économiste à la banque Degroof, à force de lire, de voir ou d'entendre des horreurs sur la dérive des finances publiques, du financement des retraites et des soins de santé, le Belge continuera sans doute soit à épargner, soit à acheter plus malin. Et comme le dit joliment cet économiste, la crise renforcera la fidélité dans les couples... mais l'infidélité face à une marque ou un fournisseur.

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