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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/02/10 à 12:27 - Mise à jour à 12:27

Ce n'est pas Paulson, le fautif !

Si vous êtes familier de la langue anglaise et passionné de finance, j'ai le livre qu'il vous faut pour vos vacances de carnaval : "On the brink". Ce livre qui vient de sortir aux Etats-Unis a été rédigé par Henry Paulson, l'ancien secrétaire d'Etat au Trésor de George Bush.

Ce n'est pas Paulson, le fautif !

© Epa

C'est un personnage capital car c'est lui a géré le début de la crise financière, et en particulier, la fameuse journée du 15 septembre, date à laquelle la banque Lehman Brothers a fait faillite.

Grâce aux mémoires de Henry Paulson, on apprend que si la banque Lehman Brothers est tombée en faillite, avec les conséquences que l'on sait, ce n'est pas à cause de lui. Ce n'est pas Paulson le fautif, qui comme on le croyait, voulait faire un exemple. Non, selon ses mémoires, tout est de la faute des Britanniques !

Que dit Paulson dans son livre ? Que les grandes banques américaines étaient prêtes à mettre la main au portefeuille pour sauver Lehman Brothers de la faillite, et notamment en facilitant sa reprise par la banque Barclays, mais pour cela, elles avaient besoin de l'aide et plus précisément de la garantie du Trésor britannique. Le seul souci avec ce scénario, c'est que le ministre des finances britannique aurait envoyé promener son homologue américain.

Dans son livre, Henry Paulson n'hésite pas à dire à ses collègues qu'il a été b... par les Anglais (la politesse m'interdit d'écrire ce mot dans son entièreté). Le plus étonnant, c'est que Henry Paulson, lui-même regrette d'avoir prononcé ce mot car en lisant ce livre, on découvre que l'ex- financier le plus puissant des Etats-Unis est membre de la Christian Science, une mouvance d'obédience protestante qui exige que ses membres soient non seulement "convenables" dans leurs propos, mais qui préconise aussi de ne pas recourir aux médicaments, car, bien entendu, la foi reste la meilleure des médecines.

L'ancien ministre des Finances de Georges Bush finit donc par avouer que la veille de la faillite de la banque Lehman Brothers, il a fait fi de ses principes religieux et il a pris, ô horreur, des somnifères !! Mais heureusement, la morale sera sauve, car toujours d'après son livre, il va jeter ensuite la totalité du tube de somnifères dans les toilettes.

Le livre est plein d'anecdotes du même genre, comme celle où il raconte la conversation qu'il a eue avec sa femme, une conversation relatée par le Wall Street Journal qui a évidemment publié les meilleures feuilles de ce livre.

Je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire ce que Paulson disait à son épouse lorsqu'il avait peur de voir le système financier s'effondrer : "je lui demandais de prier pour moi, écrit-il, prier pour moi, pour mon pays et sa femme lui a immédiatement cité le verset 1 :7 du second livre de Timothée, une compilation de versets bibliques rédigées au 19 ème siècle...

Comme on dit sur Euronews, "no comment".

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