Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/02/13 à 10:27 - Mise à jour à 10:27

Bulles financières et quintes de toux à l'Opéra

En ce jour de grève, j'avais envie de vous changer les idées et de vous parler d'autre chose que de conflits sociaux, et notamment faire un parallèle entre les bulles financières et les quintes de toux durant un concert ou à l'Opéra.

Quel rapport direz-vous entre des bulles sur les marchés financiers et les toussotements de mélomanes ? Eh bien, ils semblent que ce soit la même logique en oeuvre selon l'étude réalisée par un économiste de la culture, Andreas Wagener et publiée par le magazine Enjeux-Les Echos.

Ceux qui ont la chance d'aller régulièrement à un concert de musique classique ou à l'Opéra savent que le strict minimum de l'étiquette, c'est d'éviter de faire du bruit, de couper son portable, mais également d'éviter de tousser. Tousser en plein concert est souvent considérée comme une sorte de transgression par une partie du public - et pourtant s'il est facile de fermer son portable, c'est moins le cas pour une toux.

Le consensus parmi les scientifiques, c'est qu'un individu a environ 16 quintes de toux par jour. Pourtant, durant un concert, il a été constaté que le rythme des raclements de gorge se situe au-dessus de ce chiffre de 16 si on l'extrapole sur une journée. Pour corser l'affaire, l'étude de cet économiste démontre que ces toux ont lieu au pire moment çàd pendant les moments lents !

En réalité, si l'on regarde de près l'étude de cet économiste comportemental, on arrive à la conclusion aberrante que si l'on se rend au concert, c'est en partie aussi à cause de cela. A la limite, et c'est fou de le dire, les toux seraient presque la raison d'être des concerts. C'est là où se fait le parallèle avec le monde financier. Chacun sait qu'une bulle financière est dangereuse, qu'elle peut éclater à tout moment, et que ses conséquences sont dévastatrices. Mais rien n'y fait, les bulles se forment, éclatent et se reforment sans cesse depuis des générations. En résumé, si l'on en croit les études des économistes comportementaux, au risque de désespérer les boursicoteurs ou les amateurs d'Opéra, les bulles financières semblent inhérentes à la croissance économique, comme les toux aux salles de concert. On ne peut malheureusement rien faire contre. Ceux qui croient qu'il est possible d'arrêter les bulles financières devraient méditer cette pensée de Woody Allen, qui disait, je le cite : "en ce qui concerne ma relation avec la mort, elle est toujours la même : je suis contre".

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