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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/03/12 à 10:40 - Mise à jour à 10:40

Budget : vers une chasse aux super-riches ?

La réunion ministérielle chargée de trouver 2 milliards d'euros pour équilibrer les comptes de notre Etat fédéral s'est arrêtée hier soir vers 22 h 30. Pour le moment, rien n'a filtré de ces négociations.

La réunion ministérielle chargée de trouver 2 milliards d'euros pour équilibrer les comptes de notre Etat fédéral s'est arrêtée hier soir vers 22 h 30. Pour le moment, rien n'a filtré de ces négociations.

En revanche, ce que l'on sait - par presse interposée - c'est que les personnes fortunées de ce pays se tâtent pour partir en Suisse. Visiblement, les dernières mesures fiscales prises par le gouvernement ne leur plaisent pas. Ce qui leur fait peur, c'est cette fameuse taxe de 4% qui vient frapper les personnes qui ont des revenus mobiliers supérieurs à 20.020 euros. Plus que la taxe des 4% qui frappe ces revenus mobiliers, ce qui leur fait vraiment le plus peur, c'est que cette taxe s'accompagne d'une levée de l'anonymat de leurs avoirs.

Et les Belges fortunés n'ont pas envie de voir le fisc scanner leurs avoirs. Bien entendu, les mieux informés savent qu'il est possible de garder son anonymat en Belgique en évitant même cette taxe de 4%. Il suffit soit de vendre ses actions et d'acheter à la place des parts de sicav de capitalisation, soit d'investir dans des produits d'assurance de la Branche 23 ou branche 21 pour éviter toute taxation et garder l'anonymat.

Mais voilà, au regard des interviews données par certains banquiers privés de la place de Bruxelles à la presse - il semble que les Belges fortunés aient peur que ces exceptions soient supprimées dans le cadre de la recherche des 2 milliards d'euros que doit absolument trouver le gouvernement pour équilibrer son budget.

La Suisse est sans doute l'une des dernières destinations pour ces expatriés fiscaux, car en France aussi, le candidat socialiste François Hollande a promis de taxer à 75% les personnes qui gagnent plus d'un million d'euros par an. Quant aux Américains, c'est étonnant, mais même là-bas, les riches n'ont plus bonne presse. Le candidat républicain Mitt Romney a été épinglé par ses adversaires républicains parce qu'il paie à peine 15% d'impôt, soit moins que sa secrétaire, ce qui a fait bondir l'américain Warren Buffett, le deuxième homme le plus riche au monde qui estime "qu'il faut arrêter de dorloter les super-riches".

Le plus ironique dans toutes ces histoires de super-riches, c'est que la Belgique risque de voir ses super-riches partir en Suisse, alors que les fortunes françaises vont continuer à venir à Bruxelles pour éviter l'impôt sur la fortune et l'impôt sur la plus-value - comme quoi nul n'est prophète en son pays.

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