Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/02/12 à 09:59 - Mise à jour à 09:59

Budget : qui veut gagner 2,5 milliards ?

Il y aura encore beaucoup de grenouillage et de ballons d'essai avant de trouver les 2,5 milliards d'euros qui manquent. Pour la simple raison que chaque parti autour de la table ne veut pas perdre la face vis-à-vis de son électorat.

Comme vous le savez, lorsque le gouvernement a fait son budget, il avait estimé que la croissance de notre pays pour 2012 serait de 0,8 %, malheureusement, ce ne sera pas le cas, et les derniers calculs parlent de 0,1 % de croissance pour 2012, soit nettement moins. Cela veut dire qu'il y aura donc un trou budgétaire de l'ordre de 2,5 milliards d'euros qu'il faudra bien trouver pour équilibrer les comptes. Ceux-ci devront être équilibrés pour le prochain conclave budgétaire, le 4 mars prochain.

Si tout le monde s'accorde pour dire qu'il faudra trouver de l'argent, les partis autour de la table ne semblent pas d'accord sur la manière de trouver cet argent manquant. Depuis quelques semaines, chaque parti lance un ballon d'essai par médias interposés. Laurette Onkelinx a proposé pour le PS d'imposer, c'est le cas de le dire, une sorte d'impôt minimal pour les grandes sociétés qui ne paient pas d'impôt via l'ingénierie fiscale. On pourrait imaginer un impôt de 12,5 %, par exemple, car c'est le taux officiel de l'Irlande, pays considéré comme une sorte de paradis fiscal pour les sociétés internationales.

C'est évidemment une piste qui n'enchante pas les lobbys patronaux, qui se retrouvent cependant face à une population choquée par le fait qu'elle doit contribuer à l'effort national, alors que de grandes entreprises semblent échapper à cet effort... même si c'est légalement.

Une autre piste souvent évoquée ces jours-ci tourne autour d'une nouvelle amnistie fiscale. Elle pourrait rapporter 500 millions d'euros, selon certains calculs. Jusqu'ici, c'était surtout le parti socialiste flamand qui bloquait sur cette mesure mais, aux dernières nouvelles, les partis de la coalition seraient en passe d'accepter cette mesure même si, éthiquement, elle heurte certains. Il faut parfois faire preuve de réalisme...

D'autres pistes sont encore évoquées, notamment soumettre les intercommunales à l'impôt des sociétés. C'est l'enjeu d'une bataille entre le MR, qui souhaite le faire, et le PS, qui ne veut pas en entendre parler. Pas plus que le PS ne veut entendre parler d'un saut d'index, mesure dont on parle beaucoup, alors que tous les partis sont d'accord - du moins pour le moment - pour ne pas toucher à l'index.

Bref, vous l'avez compris, il y aura encore beaucoup de grenouillage et de ballons d'essai avant de trouver les 2,5 milliards d'euros qui manquent. Pour la simple raison que chaque parti autour de la table ne veut pas perdre la face vis-à-vis de son électorat.

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