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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/06/10 à 09:50 - Mise à jour à 09:50

BP bientôt la cible d'une OPA ?

Comme pour punir un peu plus encore les dirigeants de BP, les rumeurs vont bon train sur l'avenir de la société.

La catastrophe écologique en Louisiane a au moins un côté moral, dans le sens où elle a provoqué l'effondrement boursier du britannique BP. Depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril dernier, le titre BP a en effet perdu plus du tiers de sa valeur. Le géant pétrolier ne pèse plus que 92 milliards d'euros en Bourse, contre 147 milliards avant la catastrophe.

Comme pour punir un peu plus encore les dirigeants de BP, les rumeurs vont bon train sur l'avenir de la société. Compte tenu de l'effondrement du cours de l'action et de son potentiel de chute, BP pourrait devenir la cible d'une OPA, autrement dit d'un rachat en Bourse...

Même si l'entreprise refuse de chiffrer le coût de cette catastrophe, les analystes de la banque Credit Suisse l'ont fait à sa place. A leurs yeux, le coût de la marée noire pourrait atteindre 14 milliards d'euros, bien plus, donc, que le premier chèque de 1 milliard de dollars envoyé au gouvernement Obama.

Question : si BP peut faire l'objet d'une OPA en Bourse, c'est sans doute une punition pour ses dirigeants actuels - dans le sens où il perdraient automatiquement leurs jobs - mais cela ne signifierait-il pas que des actionnaires profiteraient de cette catastrophe écologique pour se faire de l'argent sur le dos des riverains et autres pêcheurs américains ?

Là encore, il semble que la morale puisse être sauve. Le PDG de Total a en effet déclaré dans la presse : "Il est hors de question de parler de ce genre de choses, car profiter de la situation épouvantable dans laquelle ils sont pour faire une opération est complètement non éthique. Ce ne serait pas concevable. C'est juste impensable."

Le plus triste, dans cette histoire, n'est pas financier mais médiatique. Dans le delta du Niger, cela fait maintenant plus de 50 ans que le contenu d'un pétrolier comme l'Exxon Valdez, de triste mémoire, s'écoule chaque année dans la plus grande indifférence. Faut-il en tirer comme conclusion que les poissons et les pêcheurs du delta du Niger ont moins de valeur que ceux du golfe du Mexique ?

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