Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/06/14 à 10:46 - Mise à jour à 10:46

"BNP Paribas a commis le péché suprême pour les américains"

Le groupe BNP Paribas se serait bien passé de cette publicité très négative - tellement négative que le gouvernement français est monté au créneau et a prévenu le gouvernement américain que si la banque française n'était pas traitée équitablement par la justice américaine, le gouvernement français prendrait des mesures.

Des mesures contre quoi ? Contre le fait que la justice américaine souhaite faire payer une amende de 10 milliards de dollars à BNP Paribas pour avoir opéré des transactions de financement du négoce de pétrole avec des pays qui étaient sous embargo américain.

Même la presse française a pris fait et cause pour sa Banque Nationale via des éditos qui semblent indiquer que cette banque fait l'objet d'un harcèlement injuste. Il est vrai que cette amende de 10 milliards de dollars pose problème et qu'elle va effacer une année de bénéfice. C'est également un problème pour le gouvernement belge, car notre pays est actionnaire de BNP Paribas qui a versé l'année dernière 192 millions d'euros à l'Etat fédéral. Il est quasi certain que pour 2014, il n'y aura pas de dividendes. Le futur gouvernement belge va donc devoir équilibrer son budget en se passant des dividendes de BNP Paribas.

Ce qui inquiète le plus la direction française de BNP Paribas, c'est moins l'amende, que la volonté de la justice américaine d'obliger la banque à "plaider coupable". Sans compter les risques qu'elle a d'être interdite de négocier pendant quelque temps des dollars et sans oublier le risque qu'elle perdre sa licence bancaire...

Il faut dire que BNP Paribas a commis le péché suprême pour les Américains : comme le faisait remarquer un analyste bancaire (christophe Nijdam de Alpha Value), "l'américain est très patriote et contourner un embargo revient à s'opposer à la politique étrangère américaine et donc à basculer dans le camp des ennemis. C'est donc plus grave que l'évasion fiscale opérée par la banque Crédit Suisse" a-t-il indiqué. Sans parler de certains éléments qui ont été occultés au juge américain. Ca c'est une faute qui ne pardonne pas : dans la culture protestante de ce pays, le mensonge est presque pire que la faute. Souvenez-vous de l'affaire du Watergate : l'ancien président Nixon a dû démissionner pour avoir occulté des documents et fait obstruction à la justice, et non pas parce qu'il a placé des micros chez les Démocrates ! Mais bon, restons calmes, la banque s'en sortira quoiqu'il arrive, et les clients n'ont aucun souci à se faire. Par contre, sa réputation est écornée aux Etats-Unis.

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