Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

20/04/11 à 09:44 - Mise à jour à 09:44

Banques : pourquoi l'Espagne signe la fin de la récréation

La récréation est terminée pour les Espagnols. Ni boom immobilier ni taux de chômage : je fais allusion ici à la rémunération des livrets d'épargne en Espagne.

La récréation est terminée pour les Espagnols. C'est même le ministre des Finances qui a sifflé la fin de la récré. Je ne parle pas du boom immobilier : il suffit de se rendre à la Costa Del Sol pour voir des carcasses d'immeubles non terminés et donc vides d'habitants. On évoque souvent le chiffre d'un million de logements vides sur la côte espagnole. Je ne parle pas non plus du taux de chômage de 20 % en moyenne pour le pays. Là encore, il suffit de parler avec les habitants pour prendre l'ampleur de cette crise.

Non, ce à quoi, je fais allusion, c'est la rémunération des livrets d'épargne en Espagne. Comme les banques espagnoles ont du mal à se refinancer sur les marchés financiers, elles se livrent une bataille féroce pour attirer chez elles les déposants. Ces banques proposent ainsi des taux d'intérêt très alléchants, flirtant le plus souvent avec les 4% !

Le pire, c'est que, parmi les banques qui offrent les meilleurs taux, certaines n'ont survécu que grâce à l'argent public. Autrement dit, cette guerre des dépôts peut s'apparenter à une sorte de "suicide collectif". En effet, la plupart de ces banques sont mal en point : offrir des taux plus élevés que ceux du marché rogne encore plus sur leurs marges. En clair, il s'agit vraiment d'une guerre des taux suicidaire.

C'est pourquoi le ministre des Finance et la banque centrale d'Espagne ont sifflé la fin de la récréation. Pour le faire, elles imposent aux banques qui veulent offrir un taux d'intérêt supérieur au marché à mettre encore plus d'argent dans un fonds de garantie. Une manière de freiner cette guerre des dépôts.

Lorsqu'on sait, par exemple, que le taux hypothécaire moyen est vendu à 2,76 %, ces mêmes banques ne peuvent se permettre de rémunérer en même temps les dépôts avec du 4 %, sauf, bien entendu, si elles s'arrangent pour vendre à leurs clients d'autres produits bancaires plus lucratifs.

En attendant, la situation dégradée des banques espagnoles a suscité l'intérêt de la Chine. Des pourparlers sont en cours avec le gouvernement espagnol pour voir comment l'Empire du milieu pourrait investir ses réserves de change dans le capital des banques espagnoles. Pour le moment rien n'a filtré de ces négociations. Normal : vendre une partie de l'épargne espagnole à une puissance étrangère n'a rien de glorieux.

Amid Faljaoui, à Malaga

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