Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/08/10 à 15:05 - Mise à jour à 15:05

Banques : pourquoi l'embellie ne durera pas

Depuis quelques jours, les banques belges - et plus globalement les banques européennes - semblent se porter mieux. Reste à savoir si cela va durer. A priori, la réponse est non.

Depuis quelques jours, les banques belges - et plus globalement les banques européennes - semblent se porter mieux. Les chiffres du deuxième trimestre ont été meilleurs que prévus, et les tests de résistance imposées à 91 banques européennes se sont révélés positifs, puisque seules sept d'entre elles n'ont pas réussi cet examen. Le résultat de toutes ces bonnes nouvelles, c'est que le secteur bancaire a retrouvé des couleurs au niveau boursier.

Reste à savoir si cela va durer. A priori, la réponse est non. D'abord, parce que, si les résultats d'une banque comme KBC sont meilleurs que prévus par les experts, il ne faut pas oublier que ces résultats restent inférieurs à ce qu'ils étaient avant la crise financière de 2008. La chance, pour qu'ils redécollent un jour à ce niveau là est faible. En effet, que ce soit KBC ou Dexia, par exemple, voilà deux banques qui n'ont dû leur survie qu'à l'aide apportée par le gouvernement belge. Une aide qu'elles se sont d'ailleurs engagées à rembourser rapidement.

On comprend ainsi pourquoi tant KBC que Dexia se sont séparés ou sont en train de se séparer de certaines activités ou filiales bancaires. La conséquence de tout cela ? Dexia comme KBC verront leur taille se réduire. Mécaniquement, la probabilité de réaliser des profits identiques à ceux de 2006 ou 2007 sera nettement plus faible.

Le marché boursier ne s'y est pas trompé, qui a surtout salué les résultats de banques comme BNP Paribas, Barclays et Santander. Ce n'est pas le fruit du hasard : ces trois banques ont profité de la crise pour grandir. BNP Paribas, par exemple, a racheté Fortis Banque. Par définition, ces trois banques ont publié des résultats supérieurs à ceux de l'année passée.

Attention, cependant : si les banques ont globalement dégagé de bons profits, ces profits restent fragiles. Ils proviennent surtout des activités de trading en Bourse. Du fait que les banques ont diminué leurs provisions contre les risques. Autrement dit, si les banques vont mieux, c'est pour des raisons purement comptables et non parce que l'économie européenne s'est vraiment redressée. Les banques ne sont donc plus chahutées en Bourse, mais leur avenir est encore loin d'être tout tracé.

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