Zone euro: un "engagement absolu" sans mesure concrète

12/07/11 à 09:20 - Mise à jour à 09:20

Source: Trends-Tendances

Au terme de huit heures de réunion à Bruxelles, aux allures de sommet de crise, la zone euro a pris "l'engagement absolu de ne pas laisser partir un pays vers un défaut", a indiqué à l'agence Belga le ministre belge des Finances, Didier Reynders. Aucune mesure concrète n'a toutefois été annoncée pour un deuxième plan d'aide à la Grèce.

Zone euro: un "engagement absolu" sans mesure concrète

© Image Globe / OLIVIER HOSLET

Les ministres des Finances de la zone euro ont publié lundi 11 juillet une déclaration censée rassurer les marchés sur leur riposte, après des semaines d'atermoiements et de divisions. Ils ont d'abord "réaffirmé leur volonté absolue de préserver la stabilité financière dans la zone euro" et assurer vouloir "améliorer la capacité" de l'Union monétaire "à résister à un risque de contagion".

Concrètement, ils envisagent d'augmenter la capacité de prêts de leur Fonds de secours, mis sur pied l'an dernier après la crise grecque. Appelé "Facilité européenne de stabilité financière", il est aujourd'hui doté d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros. Mais de nombreux économistes estiment que ce filet de sécurité, tel quel, ne pourrait permettre à la zone euro de faire face à des crises de la dette dans des pays aussi importants que l'Italie et l'Espagne.

Participation volontaire du secteur privé

M. Reynders a évoqué l'octroi de taux d'intérêt plus favorables à la Grèce et une flexibilisation des mécanismes d'aide, ainsi que le scénario d'une participation volontaire du secteur privé (banques, assurances, fonds...) au dispositif. Les institutions financières seront donc amenées à contribuer au nouveau paquet d'aide à la Grèce en vertu de modalités qui devront être finalisées dans les prochains jours par un groupe de travail.

La décision a été prise alors qu'à Athènes, le Premier ministre Georges Papandréou commence à perdre patience. "Il n'y a pas de place pour l'indécision et les erreurs", a averti M. Papandréou dans un courrier au chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, où il déplore que les dirigeants européens se laissent aller à la "cacophonie".

M. Juncker a réaffirmé la volonté des pays de la zone euro de faire contribuer les créanciers privés du pays --banques, compagnies d'assurance et fonds de pension-- au plan d'aide à la Grèce en dépit des conflits que cela suscite entre Européens. Certains pays l'exigent, comme condition à tous nouveaux prêts pour la Grèce, d'autres redoutent que cela ne renforce l'inquiétude des marchés financiers et n'aggrave la crise.

M. Reynders a insisté sur le caractère "volontaire" de cette participation, tout en admettant "le problème de l'interprétation des agences de notation". Si celles-ci devaient considérer que le dispositif mis en place constitue bel et bien un défaut, "nous examinerions les conséquences, non seulement en termes de communication, mais aussi sur le plan concret", a dit M. Reynders, sans préciser davantage sa menace voilée.

Coup de tabac sur les marchés

L'Europe a connu lundi un coup de tabac sur les marchés. La Bourse de Milan a clôturé sur une baisse de 3,96% alors que l'Italie se retrouve à son tour dans le collimateur en raison de son importante dette de près de 1.900 milliards d'euros. L'Italie pèse économiquement à elle seule plus de deux fois plus que les trois pays réunis qui ont été sauvés à ce jour de la banqueroute: Grèce, Irlande et Portugal. Si elle cédait, c'est toute la zone euro qui serait menacée. La chancelière allemande Angela Merkel n'a pas hésité à prier Silvio Berlusconi de bien mettre en place le plan de rigueur promis par son gouvernement.

Dans le même temps, les taux espagnols et italiens sur le marché de la dette ont atteint leurs plus hauts niveaux historiques depuis la création de la zone euro. Cela signifie que le coût d'emprunt de Rome et de Madrid pour financer leurs déficits s'alourdit. Et l'écart des taux français avec l'Allemagne, référence absolue, s'est élargi à un niveau jamais vu dans l'Union monétaire. Les tensions sur les marchés trouvent en partie leur source dans les hésitations des Européens sur le deuxième plan d'aide promis à la Grèce. Alors qu'une décision était à l'origine escomptée début juillet sur ce point, elle semble repoussée à plus tard.

Trends.be avec Belga et L'Expansion.com

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