Stress tests : Dexia et Axa Bank Europe ont une comptabilité conforme

27/10/14 à 10:47 - Mise à jour à 10:57

Source: Belga

Deux banques belges, Dexia, en cours de démantèlement, et Axa Bank Europe, une filiale de l'assureur français, ont échoué aux tests de résistance européens mais n'auront pas besoin de prendre des mesures pour remédier à la situation, a indiqué dimanche la Banque nationale de Belgique (BNB).

Stress tests : Dexia et Axa Bank Europe ont une comptabilité conforme

Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt et le gouverneur de la Banque Nationale, Luc Coene. © Belga

Les banques belges ont des pratiques "conformes aux standards internationaux" en matière de transparence et de comptabilité, a assuré le gouverneur de la BNB, Luc Coene, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, en s'appuyant sur la "revue de qualité des actifs" (en anglais "asset quality review" ou AQR), le premier des deux volets de l'examen réalisé par la BCE. Il a aussi souligné que les deux principales banques implantées en Belgique, Fortis et ING, filiales de groupes étrangers, avaient réussi les tests de résistance, sans toutefois être en mesure de préciser quels étaient les résultats des deux entités belges. "On espère en savoir plus dans quelques mois", a-t-il déclaré.

La BNB a souligné dans un communiqué que "deux banques ont été particulièrement affectées par les chocs prévus dans le scénario adverse, à savoir AXA Bank Europe et Dexia". "Toutes deux présentent en conséquence une situation en capital inférieure à la limite fixée de 5,5%", indique le texte. Dans le scénario négatif envisagé, l'aggravation de la situation conjoncturelle entraînerait une hausse significative des provisions et des actifs pondérés par les risques. Ce sont principalement les activités étrangères des banques belges qui seraient affectées, même si les tests de résistance ont également simulé le déclenchement, en Belgique, d'une crise immobilière, précise la Banque nationale. Ces résultats ne sont guère une surprise concernant Dexia, une entité en voie de démantèlement issue de l'ancien groupe franco-belge. C'est la seule banque évaluée à être dans ce cas, et elle a pour cette raison bénéficié d'un traitement à part. "Les hypothèses retenues par la BCE dans le scénario dégradé sont particulièrement défavorables au groupe. Dans ce scénario, le groupe Dexia présenterait un besoin en capital de 339 millions d'euros par rapport au minimum requis de 5,5"%, indique la BNB.

Compte tenu de son statut spécifique, Dexia ne sera toutefois pas tenue d'augmenter son capital. Qui plus est, l'établissement a réalisé des cessions depuis le début de l'année, période qui n'est pas prise en compte dans les tests de résistance, ce qui lui a permis de renforcer ses fonds propres. Résultat: "aucune action de remédiation supplémentaire, ni aucune aide des États (n'est) requise par le régulateur".

Axa Banque Europe ne devra pas non plus prendre de mesures supplémentaires car depuis fin décembre 2013, elle a "poursuivi ses ventes d'actifs liés à des activités non stratégiques pour diminuer son profil de risque et a procédé à des augmentations de capital de telle sorte qu'elle satisfait dès à présent aux exigences fixées par la BCE".

Les quatre autres banques belges soumises à l'évaluation de la BCE étaient Argenta, KBC, Belfius (anciennement Dexia Banque Belgique) et Bank of New York Mellon (BNYM). Pour les "stress tests", deuxième phase de l'évaluation après l'examen des comptes (AQR), la BCE a envisagé deux scénarios: l'un "de base" tenant compte des prévisions économiques préparées par la Commission européenne fin 2013 et l'autre "adverse", avec un recul de la conjoncture. A l'exception de Dexia, tous les établissements belges peuvent faire face au scénario de base, avec un ratio de solvabilité - calculé en terme de capital de base (en jargon "Common Equity Tier 1", ou CET1) - qui passerait en moyenne de 14% en 2013 à 12,5% fin 2016. Ce niveau reste largement au-delà du seuil de 8% fixé par la BCE. Argenta conserverait le plus haut ratio de solvabilité dans ce scénario, passant de 24,3% à 20,1%, devant BNYM (statu quo), Axa Bank Europe (de 15,2 à 12,7%), KBC (de 13,3 à 12%), Belfius (de 13,9 à 11%) et Dexia (de 16,4 à 10,8%).

Dans le scénario défavorable, la position moyenne de solvabilité des banques belges resterait, avec 8,2%, bien au-delà du seuil minimum de 5,5%. Dans ce cas, seules Axa Bank Europe (avec 3,4%) et Dexia (5,0%) se classent en dessous de ce seuil. Argenta conserverait le ratio de solvabilité le plus élevé (14,7%), suivi par Bank of New York Mellon (11,2%), KBC (8,3%) et Belfius (7,3%).

La BNB a conclu que les banques belges disposent d'un niveau de capital "confortable" dans le scénario favorable et d'avoirs suffisants dans le cas de chocs sérieux prévus dans le scénario "adverse". "Mais ce n'est pas le moment de baisser les bras et de penser que tout est en ordre", a prévenu dimanche M. Coene. Selon lui, le secteur bancaire belge doit poursuivre ses efforts en matière de rentabilité "parce que le reste du monde le fait aussi".

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