Serge Kubla : "je considère qu'on nous a menti".

29/11/11 à 08:56 - Mise à jour à 08:56

Source: Trends-Tendances

L'administrateur de Dexia Serge Kubla (MR) a jugé lundi que le conseil d'administration du holding n'avait pas toujours été bien informé par le management de la situation du groupe franco-belge. En ce qui concerne le FSA, le rehausseur de crédit américain acquis par Dexia en 2000, "je considère qu'on nous a menti", a-t-il même dénoncé.

Serge Kubla : "je considère qu'on nous a menti".

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Auditionné lundi soir par la commission spéciale de la Chambre, M. Kubla a accusé les dirigeants de FSA ainsi que certains cadres du groupe d'avoir livré des "renseignements inexacts" sur FSA, frappé de plein fouet par la crise des subprimes.

"M. (Jacques) Gerber (vice-président de Dexia) nous a prétendu jusqu'au dernier jour que nous n'avions rien à craindre! ", a-t-il ainsi dénoncé lundi soir devant les députés.

De plus, si les dossiers étaient bien transmis aux administrateurs avant les réunions du CA, les délais laissés pour les examiner étaient "insuffisants", selon lui. Par ailleurs, lorsque les cadres supérieurs fournissaient de l'information aux administrateurs, celle-ci était souvent de nature rassurante.

Et M. Kubla de citer l'exemple d'août 2008 --soit deux mois à peine avant le premier naufrage de Dexia-- lorsque Xavier de Walque, l'ancien directeur financier de Dexia, "est venu nous dire que la situation des liquidités était satisfaisante... Il y a là quand même quelques petits problèmes, me semble-t-il".

Pour le bourgmestre de Waterloo, ce n'est pas une prétendue incompétence des administrateurs qui a miné le CA, mais plutôt un problème d'information. "Hormis Francis Vermeiren (administrateur de Dexia et président du Holding communal, ndlr) et moi, tous les autres administrateurs avaient un bagage bancaire considérable. Ce n'étaient donc pas des manchots qui étaient derrière la table du conseil! ", a-t-il défendu.

Quant aux projets de scission du groupe franco-belge motivés par les risques liés à la branche française qui aspirait les liquidités récoltées en Belgique, M. Kubla a reconnu qu'il s'agissait là d'un "tabou inexprimable" au sein du conseil, y compris parmi les dirigeants belges.

"Quand on parlait de cette ponction de liquidités, on nous disait: nous sommes un groupe et nous devons être solidaires! ". Interrogée avec M. Kubla, Brigitte Chanoine, nommée en mai 2010 administratrice indépendante, a réfuté l'idée selon laquelle les administrateursbelges n'avaient --à l'inverse de leurs collègues français-- aucune vision stratégique commune.

"C'est un raccourci", a jugé Mme Chanoine, "mais c'est vrai que les Français s'expriment de manière plus incisive". Enfin, interrogé par le député Georges Gilkinet (Ecolo) sur la hauteur des jetons de présence pour les administrateurs du groupe, M. Kubla a indiqué que ceux-ci s'élevaient à 1.000 euros bruts par réunion, augmenté d'un montant de base annuel de 5.000 euros.

Selon M. Kubla, ces réunions, organisées une dizaine de fois par an, duraient en moyenne 3 heures, à l'exception de ces derniers mois où les séances du CA furent beaucoup plus longues vu la situation de crise. Avant ces deux administrateurs, les membres de la commission spéciale. Dexia ont auditionné quatre heures durant, et à huis clos, l'ancien CEO de Dexia Banque Belgique, Stefaan Decraene.

Selon des sources concordantes, celui-ci a notamment expliqué comment Pierre Mariani, le nouveau patron du groupe arrivé en 2008, l'avait complètement privé des manettes de commandes. Une situation dont il se serait plaint auprès de Jean-Luc Dehaene et
Didier Reynders notamment. Tout comme des importants transferts financiers entre la branche belge et française. Mais sans résultat. Ce qui l'a finalement poussé à quitter la banque en septembre dernier. Devant les députés, M. Decraene a aussi confié que Dexia avait proposé aux administrateurs du groupe de vendre le portefeuille d'obligations grecques au moment où les nuages commençaient à s'amonceler. Une opération que le CA aurait toutefois refusée afin de ne pas compromettre le versement de dividendes, selon lui.

Après le départ de M. Kubla et Mme Chanoine, les députés ont entamé vers 21h30 leur dernière audition prévue ce lundi, à savoir celle de Xavier de Walque, ancien directeur financier. Comme M. Decraene plus tôt dans la journée, celui-ci a demandé à être entendu à huis clos.

Trends.be avec Belga

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