Schäuble juge la politique expansionniste de la BCE intenable

13/09/17 à 10:15 - Mise à jour à 10:14

Source: Afp

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a une nouvelle fois adressée une critique voilée à la Banque centrale européenne (BCE) en jugeant sa politique expansionniste "pas tenable à terme", dans un entretien à la presse.

Schäuble juge la politique expansionniste de la BCE intenable

Schäuble © Reuters

"J'ai confiance en Mario Draghi (le président de la BCE, ndlr) et dans la BCE", affirme le ministre dans le quotidien régional Südkurier à paraître mercredi. "Vous savez que je suis depuis longtemps d'avis qu'il est temps de commencer la sortie" de la politique des taux d'intérêt zéro.

"Je considère cette politique monétaire inhabituelle pas tenable à terme", a ajouté le ministre, en campagne pour les élections législatives du 24 septembre, insistant toutefois: "Je respecte l'indépendance de la Banque centrale européenne".

"Mario Draghi a dit que lors de la réunion d'octobre les conséquences de la relative hausse observée du cours de l'euro seraient examinées et que des décisions seraient prises", a encore rappelé M. Schäuble. "Je suis confiant par principe".

Ces déclarations interviennent après la décision de la BCE, lors de la réunion de son conseil des gouverneurs jeudi, de maintenir son principal taux d'intérêt à zéro, un plus bas depuis mars 2016.

Mario Draghi a annoncé à cette occasion que l'institut monétaire devrait décider "en octobre" du maintien en 2018 de son soutien appuyé à l'économie, en surveillant à la fois les niveaux de l'inflation et de l'euro.

En Allemagne, les appels à un changement de politique monétaire se font plus ou moins discrets.

Wolfgang Schäuble avait ainsi déjà jugé la zone euro "beaucoup plus proche de la normalisation de la politique monétaire", au vu de son redressement économique.

Plus direct, le patron de Deutsche Bank, John Cryan, avait appelé à mettre fin à l'ère de l'argent très bon marché, qui favorise les "bulles" et handicape selon lui les banques européennes.

"Le temps est largement venu de commencer à réduire les achats d'obligations puis de commencer à relever les taux", avait renchéri Uwe Fröhlich, patron de la Fédération des banques mutualistes.

Trends/Tendances Information Services

Nos partenaires