'Sans accord, la Grèce quittera la zone euro et l'UE'

17/06/15 à 11:29 - Mise à jour à 15:50

Source: Belga

La Banque de Grèce a mis en garde mercredi contre un échec des discussions entre Athènes et ses créanciers sur la poursuite du financement du pays, qui conduirait selon elle à un défaut de paiement, une sortie de la zone euro et, "probablement", de l'Union européenne.

'Sans accord, la Grèce quittera la zone euro et l'UE'

/ © Reuters

"L'incapacité à parvenir à un accord marquerait le début d'un chemin douloureux qui mènerait d'abord à un défaut de paiement de la Grèce puis, au bout du compte, à la sortie du pays de la zone euro et, très probablement, de l'Union européenne", écrit la Banque centrale grecque dans son rapport annuel sur l'économie du pays rendu public mercredi.

Dans une intervention au ton très politique pour cette institution monétaire, la Banque de Grèce juge que la conclusion d'un accord entre la Grèce et ses créanciers est un "impératif historique" et estime que "peu de chemin reste à parcourir" vers un compromis.

Elle appelle les deux parties à faire preuve de souplesse. La banque invite le gouvernement grec à reconnaître que l'abaissement des objectifs d'excédent primaire accepté par l'UE et le FMI lui donne "le temps nécessaire pour son ajustement budgétaire et quelques degrés de liberté supplémentaire dans la conduite de la politique budgétaire" et les créanciers à "réaffirmer et formuler en des termes plus précis leur volonté" d'octroyer à la Grèce un allègement de sa dette publique "comme initialement prévu" en 2012.

"Si l'Europe insiste sur les retraites, elle devra en accepter le prix"

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a dénoncé mercredi "l'insistance" des créanciers à vouloir réduire les retraites des Grecs, mettant en garde l'Europe contre le "prix" à payer pour cette "fixation".

"Si l'Europe insiste sur cette incompréhensible fixation, si ses dirigeants insistent, il lui faudra accepter le prix de conséquences qui ne bénéficieront à personne en Europe", a déclaré M. Tsipras à l'issue d'une rencontre avec le chancelier autrichien Werner Faymann à Athènes.

Peu d'espoir d'un accord jeudi

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a pour sa part peu d'espoir de parvenir à un accord avec la Grèce jeudi lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, a rapporté un député allemand.

S'exprimant devant les députés de la commission des Finances du Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, M. Schäuble a dit que "rien n'était prêt pour arriver à une décision demain (jeudi)", a rapporté à des journalistes un participant à cette réunion, sous couvert d'anonymat.

Cette même source a estimé que le ministre allemand ne s'était pas exprimé "positivement" devant la commission parlementaire et ne s'imaginait pas une solution pour résoudre la crise grecque sans le Fonds monétaire international (FMI).

Créancier de la Grèce, aux côtés de l'Union européenne, le FMI, dont la directrice générale Christine Lagarde sera présente jeudi à Luxembourg, a ces derniers jours durci le ton tant à l'égard d'Athènes que des Européens.

Lors d'un point presse régulier du gouvernement allemand, le porte-parole de M. Schäuble, Martin Jäger, a toutefois affirmé que "cela est et reste notre objectif, de faire un pas en avant" lors de cette réunion de l'Eurogroupe jeudi. Mais "nous y allons avec des attentes réalistes", a-t-il ajouté.

"L'Eurogroupe de demain ne sera peut-être pas conclusif mais il doit être utile", a pour sa part estimé le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Lors de la même conférence, son confrère Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne en charge de l'euro, a jugé que "les pré-conditions techniques" à un accord étaient là mais qu'il fallait encore "une vraie volonté politique du côté grec (...) pour arriver à la conclusion".

Dijsselbloem veut "conserver la Grèce dans la zone euro"

Enfin, le président de la zone euro Jeroen Dijsselbloem a assuré vouloir "conserver la Grèce dans la zone euro", avertissant qu'il était encore "trop tôt" pour prévoir l'issue des négociations.

"Mes efforts continuent de se concentrer sur une manière crédible de conserver la Grèce dans la zone euro", a ajouté l'actuel président de l'Eurogroupe, également ministre des Finances néerlandais, répondant aux questions de la commission parlementaire des Finances.

"Je pense que toute prédiction est prématurée", a-t-il ajouté, estimant que "les gens se livrent à des conclusions hâtives".

Un accord doit être néanmoins trouvé "le plus vite possible" afin d'éviter à la Grèce de faire défaut, a-t-il ajouté, avertissant: "plus la Grèce aura besoin de temps pour parvenir à un accord, plus les dégâts pour l'économie grecque seront importants".

Depuis plusieurs semaines, les autorités d'Athènes ne parviennent pas à s'entendre avec leurs créanciers (FMI, Union européenne, Banque centrale européenne) sur un train de réformes économiques qui permettrait le déblocage d'une nouvelle tranche de prêts vitale pour le pays.

Sans le feu vert des créanciers, la Grèce pourrait être dans l'incapacité des rembourser les quelque 1,5 milliard d'euros qu'elle doit au FMI d'ici à la fin juin.

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