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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/12/14 à 15:19 - Mise à jour à 15:19

Quand le pétrole révèle la vanité et l'inutilité des prévisions économiques

La fin de l'année 2014 se terminera sur un paradoxe, selon l'économiste français Christian de Perthuis.

Quand le pétrole révèle la vanité et l'inutilité des prévisions économiques

Image d'illustration. © Reuters

Vous avez d'un côté, des ministres de l'environnement qui s'activent de part et d'autre de la planète pour arriver à décrocher un accord mondial sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et puis de l'autre côté, vous avez leur collègues ministres de l'Économie ou des Finances qui se réjouissent publiquement que le prix du baril soit aussi bas aujourd'hui. Un contre-choc pétrolier qui, disent-ils, va redonner un peu de pouvoir d'achat aux ménages et va soutenir la croissance, et donc en réalité, l'émission de CO2 dans l'atmosphère ! C'est donc bien un paradoxe monstrueux !

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La chute-surprise du prix du pétrole reflète la vanité des prévisions économiques

Première remarque sur ce paradoxe: la planète regorge d'experts, mais quasi personne n'avait prévu, une fois de plus, que le prix du pétrole tomberait aussi bas ! Cela en dit long sur la vanité et l'inutilité de nos tentatives de prévisions sur le plan économique.

Deuxième remarque: c'est vrai qu'à court terme, la baisse du prix de l'or noir est une bonne nouvelle pour nos économies. Les économies qui dépendent le plus du pétrole sont l'Europe, le Japon et encore pour un temps les États-Unis. Or, ce sont les 3 moteurs principaux de l'économie mondiale et donc cette baisse du prix de pétrole arrive comme un ballon d'oxygène inespéré et qui pourra se transmettre au reste du monde.

Troisième remarque: toutes ces bonnes nouvelles, nous dit Christian de Perthuis, ne doivent pas cacher le fait qu'il y a aujourd'hui trop d'énergie fossile sous nos pieds par rapport à ce que peut absorber notre pauvre planète, sans risque majeur pour les générations futures. Donc, certains experts, et notamment en Belgique, se disent que pour sortir de cette schizophrénie, il faudrait ne pas répercuter cette baisse du prix du pétrole à la pompe, mais au contraire augmenter les accises sur l'essence. On ferait d'une pierre, deux coups. On soulagerait la planète de quelques émissions de CO2 dont elle se passerait bien, et on trouverait par la même occasion quelques milliards d'euros dont le gouvernement Michel a un besoin urgent. Mais bon, reste encore à vendre cela au corps électoral et ça, c'est plus difficile que de réaliser une chronique économique. Je vous retrouve avec un immense plaisir juste après la Noël.

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