Pourquoi il n'y aura pas de krach boursier cet été

08/08/12 à 10:17 - Mise à jour à 10:17

Source: Trends-Tendances

En l'absence de grosses échéances liées à la crise de la dette en zone euro, et parce qu'elle est sous-évaluée, la Bourse peut progresser de 5 à 6% au mois d'août. Mais gare au retour de bâton en septembre.

Pourquoi il n'y aura pas de krach boursier cet été

© Thinkstock

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Ce vieil adage pourrait très bien s'appliquer à la Bourse tout le long du mois d'août. En l'absence de grosses échéances liées à la crise de la dette, et même si les résultats des grandes entreprises du CAC sont mitigés, le cours des actions pourrait progresser de 5 à 6%. Les explications de Christian Parisot, chef de la recherche économique chez Aurel BGC.

L'année dernière, avec la crise en Europe et la dégradation de la note des Etats-Unis par l'agence de notation S&P, l'EuroStoxx avait connu sa plus forte baisse de son histoire pour un mois d'août (-14%). L'histoire va-t-elle se répéter cette année?

Ce n'est pas notre scénario. Nous parions plutôt sur une performance de 5 à 6% sur le mois d'août. En effet, l'actualité s'annonce peu chargée sur le mois d'août. Les émissions obligataires à long terme de l'Italie et l'Espagne ne reprendront réellement qu'en septembre. Les différents Parlements sont en vacances, ce qui ne permet pas de "traiter" une éventuelle demande d'aide de l'Espagne. Certes, les propositions de la BCE pour acheter des dettes d'Etat sont encore soumises à de nombreuses incertitudes.

Cependant, la BCE a clairement communiqué sur sa volonté de ne pas laisser la zone euro exploser. Et elle a réussi à mettre en place une procédure de financement des Etats malgré une opposition de la Bundesbank. Cette solution, qui consiste à épauler les fonds de secours déjà mis en place est bien meilleure que la création "d'Eurobills" qui poserait des problèmes constitutionnels importants, notamment en Allemagne. Au final, le risque souverain peut être clairement estimé en fort recul après ces annonces.
Par ailleurs, la Bourse reste sous-évaluée. Les investisseurs ont délaissé la zone euro depuis plusieurs mois et le poids de la zone dans leurs actifs financiers est au minimum. Dans ces conditions, un rebond technique important des cours pourrait s'opérer. Le problème, c'est qu'il ne durera pas.

Faut-il s'attendre à un retour de bâton à la rentrée?

Absolument. Le retour à la réalité devrait se produire au mois de septembre, notamment avec l'annonce des détails de la procédure d'intervention de la BCE et éventuellement une annonce d'une enveloppe limitée pour les premiers achats de titres. Il est peu probable que la BCE couvre l'ensemble des besoins de financement de l'Espagne pour la fin 2012 par exemple. La BCE s'est dotée d'une nouvelle arme d'intervention pour apporter des liquidités, une sorte de "crédit révolving" pour les Etats, mais elle n'est pas encore un prêteur en dernier ressort de manière illimitée. Par ailleurs, il faudra aussi regarder où en sont les pays émergents à la rentrée. En effet, seul un retour de la croissance dans les pays émergents pourra, à court terme, relancer la croissance dans la zone euro et dans des pays comme l'Espagne. Si les perspectives de croissance de la zone euro restent médiocres à la rentrée, les investisseurs hésiteront encore à prêter à l'Espagne ou à l'Italie.

Propos recueillis par Sébastien Julian, L'Expansion

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