Pétrole: "Absurde de dire que les prix peuvent rester très durablement à 30 dollars (le baril)"

02/02/16 à 15:34 - Mise à jour à 15:34

Source: Belga

Le prix du pétrole ne peut durablement se maintenir autour de 30 dollars le baril car la baisse des investissements dans l'exploration et la production pétrolières entraînera un rebond, a estimé mardi l'organisme de recherche IFP EN.

Pétrole: "Absurde de dire que les prix peuvent rester très durablement à 30 dollars (le baril)"

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A long terme, "les prix actuels à 30 dollars (le baril) ne sont pas tenables", a soutenu le président de l'Institut français du pétrole Energies nouvelles (IFP EN), Didier Houssin, lors d'une conférence de presse.

"C'est aussi absurde de dire que les prix peuvent rester très durablement à 30 dollars que de dire qu'ils pouvaient rester très longtemps au-delà de 100 dollars. C'est une industrie cyclique", a-t-il ajouté.

Les cours du pétrole ont dégringolé de près de 75% depuis juin 2014, pénalisés par une demande manquant de vigueur face à une offre excédentaire, alimentée notamment par la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Arabie saoudite en tête, déterminée à défendre ses parts de marché face aux hydrocarbures de schiste américains.

Cette chute des prix a contraint les compagnies pétrolières à se serrer la ceinture et à réduire drastiquement leurs investissements d'exploration-production, pourtant nécessaires pour alimenter la demande future. Celle-ci restera "dynamique sur le long terme" dans le secteur des transports, où il existe pour l'heure peu d'énergies alternatives, a estimé l'IFP EN.

Face à cette situation, les prix du pétrole rebondiront à terme, a estimé Didier Houssin.

Son institut pose deux hypothèses, sans trancher: si l'offre reste suffisante pour faire face à la demande, "on peut avoir un scénario durable au-delà de 2020 de prix dans une fourchette de 40 à 60 dollars", a expliqué M. Houssin.

Dans le cas contraire, "compte tenu de la dynamique de la demande de mobilité dans les pays émergents, (...) le ralentissement des investissements peut laisser penser qu'on irait assez vite vers une tension très forte sur les prix au-delà de 2020".

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