Nyse-Deutsche Börse : pourquoi la Commission dit "non"

01/02/12 à 14:50 - Mise à jour à 14:50

Source: Trends-Tendances

Les Etats-Unis avaient accepté la fusion de Nyse Euronext et Deutsche Börse au prix de certaines cessions. La Commission européenne, elle, vient de "tuer" ce projet pour des questions de concurrence. "C'est un jour noir pour l'Europe", déplore la Bourse francfortoise.

Nyse-Deutsche Börse : pourquoi la Commission dit "non"

© Belga

La Commission européenne a opposé son veto mercredi à la fusion de Nyse Euronext et Deutsche Börse pour devenir la maison boursière la plus importante au monde, indiquent les deux entreprises dans un communiqué : "Malgré les concessions faites, la Commission a conclu que cette combinaison limiterait fortement la concurrence."

En février 2011, il était apparu que Deutsche Börse voulait reprendre sa concurrente de New York. L'accord aurait entraîné la concentration dans les mains d'une seule entreprise de plus de 90 % des transactions européennes de produits financiers dérivés et environ 30 % du marché d'actions. La Bourse de Bruxelles, filiale de Nyse Euronext, aurait également fait partie du groupe.

Deutsche Börse s'est dite déçue du veto de la Commission : "C'est un jour noir pour l'Europe et sa future compétitivité sur les marchés financiers mondiaux", a déclaré le comité exécutif de la bourse francfortoise.

Bourse : "Ces marchés sont au coeur du système financier et il est essentiel qu'ils restent concurrentiels !"

La Commission européenne s'est opposée, "en application du règlement de l'UE sur les concentrations", au projet de concentration entre Deutsche Börse et Nyse Euronext "car il aurait entraîné la création d'un quasi-monopole pour les transactions en Bourse, à l'échelon international, sur produits financiers dérivés européens", argumente l'exécutif européen sur son site Internet.

"Ensemble, les deux Bourses contrôlent plus de 90 % des transactions mondiales sur ces produits. L'enquête de la Commission a montré que de nouveaux concurrents auraient peu de chances de parvenir à s'imposer suffisamment sur le marché pour constituer une menace concurrentielle crédible pour l'entité issue de la concentration. Les sociétés ont notamment proposé de vendre certains actifs et d'ouvrir l'accès à leur chambre de compensation à certaines catégories de nouveaux contrats, mais globalement, les engagements pris ne suffisaient pas pour résoudre les problèmes de concurrence constatés."

La fusion entre Deutsche Börse et Nyse Euronext "aurait entraîné une situation de quasi?monopole sur le marché international des produits financiers dérivés européens, appuie Joaquín Almunia, commissaire européen à la Concurrence. Ces marchés sont au coeur du système financier et il est essentiel qu'ils restent concurrentiels dans l'intérêt de l'ensemble de l'économie européenne. Nous avons essayé de trouver une solution mais les mesures correctives proposées étaient largement insuffisantes pour résoudre les problèmes."

Bourse : "Un quasi-monopole aurait des conséquences négatives sur l'innovation"

Dans le détail, Eurex (plateforme de Deutsche Börse) et Liffe (exploitée par Nyse Euronext) sont les deux plus grandes Bourses au monde pour les transactions sur produits financiers dérivés adossés à des sous-jacents européens, précise la Commission. Elles sont en concurrence directe et chacune est pour l'autre le principal concurrent.

Le projet de concentration aurait donc mis un terme à cette concurrence mondiale et créé un quasi-monopole pour plusieurs catégories d'actifs, ce qui aurait pu causer un préjudice important aux utilisateurs de produits dérivés ainsi qu'à l'économie européenne dans son ensemble, estime l'exécutif européen : "La disparition d'une réelle pression concurrentielle sur le marché ferait que les clients ne pourraient plus profiter d'une concurrence par les prix. Cette situation pourrait également avoir des conséquences négatives sur l'innovation dans un secteur où l'existence d'un marché concurrentiel est essentielle à la fois pour les petites et moyennes entreprises et pour les entreprises de plus grande taille."

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