"Nous devrions essayer de comprendre ce que les investisseurs sont prêts à accepter"

08/06/12 à 10:03 - Mise à jour à 10:03

Source: Trends-Tendances

Les banques s'inquiètent du sort des créanciers dans le projet de Bruxelles qui, selon le patron de la Société Générale, crée un risque "de réduire encore" la demande pour la dette senior, ce qui "pourrait être un problème" pour tout le secteur.

"Nous devrions essayer de comprendre ce que les investisseurs sont prêts à accepter"

© Bloomberg

Plusieurs dirigeants de banque se sont dits inquiets, jeudi, du sort réservé aux créanciers dans le projet de résolution de crise bancaire présenté mercredi par la Commission européenne, qui prévoit des décotes, notamment pour les détenteurs d'obligations.


"Je pense que c'est une erreur, a déclaré Christian Clausen, PDG de la banque suédoise Nordea, lors du congrès de l'Institut de la finance internationale (IIF). Lorsque vous vous en prenez à toute la dette, à l'exception des dépôts garantis et de la dette directement garantie par des actifs, vous commencez à recréer un risque systémique."


"Nous devrions essayer de comprendre ce que les investisseurs sont prêts à accepter, a estimé Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale. Nous sommes déjà sur une tendance marquée par une demande pour la dette senior (Ndlr, théoriquement prioritaire dans l'ordre des créances) qui pourrait être plus limitée à l'avenir." Le projet de la Commission crée un risque "de réduire encore" cette demande, ce qui "pourrait être un problème", selon le patron de la banque française.


Après la présentation du projet, Frédéric Oudéa a dit avoir reçu des réactions d'investisseurs qui affichaient leurs réserves vis-à-vis "d'une initiative prise en pleine tempête. Parce que nous sommes en pleine tempête."


Si les premières mesures d'urgence ne suffisent pas, le projet de Bruxelles prévoit que les autorités pourront notamment procéder à un bail in, qui consiste à renforcer l'établissement en réduisant de force ses engagements. Il peut s'agir d'une annulation ou d'une dilution des actions, ou d'une réduction des créances détenues sur elles, notamment des obligations.


Le bail in n'entrera pas en vigueur avant 2018, le temps de permettre au marché de s'y préparer, selon des documents de la Commission. Mais Frédéric Oudéa a prévenu que le marché n'attendrait pas 2018 pour intégrer cette évolution si elle devait se concrétiser.


Trends.be, avec Belga

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