Nos 5 pistes pour sauver la Bourse de Bruxelles

10/11/10 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

Source: Trends-Tendances

Les jours de la Bourse de Bruxelles sont-ils comptés ? Officiellement, non. Mais vu le peu d'intérêt qu'elle suscite encore auprès du grand public et de la communauté financière du pays, certains prédisent sa disparition à terme. Voici cinq pistes pour lui donner un second souffle.

Nos 5 pistes pour sauver la Bourse de Bruxelles

© Belga

1. Lorsqu'elle a mis la main sur Euronext, la Bourse de New York s'est engagée vis-à-vis des régulateurs "à maintenir les ressources nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques de chacun des marchés", se souvient un proche du dossier. Est-ce vraiment aujourd'hui le cas ? Euronext Bruxelles a-t-il toujours la capacité de se faire entendre ? A-t-il l'autonomie nécessaire à l'animation d'un marché des petites et moyennes capitalisations ?

Pour le vérifier, la FEB et Febelfin, qui ont le plus à perdre de la disparition d'un outil comme la Bourse de Bruxelles, doivent aller frapper à la porte de la CBFA et du ministère des Finances.

2. Scinder Euronext Bruxelles en deux parties complémentaires, avec, d'un côté, l'outil informatique de NYSE Euronext, l'un des meilleurs du monde, tant en termes de vitesse de passation des ordres que de volumes, et de l'autre la partie belge, qui est essentiellement une interface juridique avec les autorités de contrôle (CBFA) et avec les sociétés cotées belges.

Telle est l'idée de Bruno Colmant, ancien président d'Euronext Bruxelles : "Elle consisterait à dissocier le modèle existant, en permettant aux banques de redevenir les coactionnaires d'Euronext Bruxelles, tout en continuant à utiliser le système informatique de NYSE Euronext. Ce serait alors le meilleur de deux mondes."

A son sens, un des gros avantages de cette solution serait de renforcer la place de Bruxelles autour d'un projet fédérateur et d'aligner les intérêts des banques, des sociétés de Bourse et des sociétés cotées. C'est en réalité le modèle déployé par la Bourse de Luxembourg, une société commerciale totalement autonome qui utilise la plate-forme informatique de NYSE-Euronext... mais moyennant une redevance.

3. Ne faut-il pas repenser la fiscalité des actions sur un large plan ? Certainement. On a corrigé le handicap fiscal des fonds propres par rapport à l'endettement grâce aux intérêts notionnels. Mais, dans le chef de l'investisseur, la détention d'actions reste pénalisée par rapport à celle d'obligations. Les dividendes sont en effet frappés d'un précompte mobilier de 25 % tandis que les revenus d'intérêts sont soumis à un impôt de 15 %. Il y a là franchement, dans notre système fiscal, une grosse incohérence.

Vincent Van Dessel se dit d'ailleurs à cet égard favorable à l'instauration d'incitants fiscaux à l'investissement dans les PME cotées. Autre anomalie : le double précompte frappant les dividendes payés par des entreprises étrangères.

4. Dans la foulée de la crise et du sauvetage de nos banques, une réflexion globale de la place financière de Bruxelles s'impose : que veut-on développer et comment ? Quels sont nos avantages compétitifs ? Comment donner un signe de confiance à l'entreprenariat et à la prise de risque ? Faut-il créer, comme certains le préconisent, un "institut" des PME qui favoriserait la diffusion d'informations sur les small et mid caps, sur les avantages d'une cotation, etc. ?

Une chose est sûre : il est quasiment d'utilité publique que soit maintenu à Bruxelles un marché actif des small et mid caps. Peut-on l'attendre du secteur privé (Febelfin, FEB, etc.) ? Ou l'initiative doit-elle venir du secteur public ?

5. La plupart des spécialistes vous le diront : les effets de la directive MiFID sur l'organisation des marchés financiers sont dévastateurs. Ils estiment que le risque de voir disparaître en Europe les structures boursières qui servent correctement les besoins des petites et moyennes capitalisations est réel. Dans ce contexte, une initiative à l'échelle européenne est sans doute souhaitable pour favoriser l'accès des petites et moyennes entreprises à la Bourse.

Sébastien Buron

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