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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/03/15 à 14:54 - Mise à jour à 14:58

Marre de votre livret d'épargne ? Quelles sont les alternatives ?

Des organisateurs plutôt sympathiques m'ont demandé d'animer une soirée autour du thème : "Marre de votre livret d'épargne ? quelles sont les alternatives ?". Ce titre n'est pas le mien mais je le trouve excellent et très adapté à ce que vivent la plupart des citoyens aujourd'hui.

Marre de votre livret d'épargne ? Quelles sont les alternatives ?

© Thinkstock

Ils savent que les autorités monétaires, avec la complicité des gouvernements, font tout pour maintenir les taux d'intérêts les plus bas possible. La raison principale, c'est qu'en maintenant des taux très bas, toutes ces têtes pensantes pensent que cela va relancer nos économies et éviter que nous tombions en déflation, c'est-à-dire dans une situation où les prix ne font que baisser, et où plus personne ne consomme ou n'investit chacun espérant que les prix seront encore plus bas le lendemain. Comme tout le monde pense la même chose, les achats et les investissements ne sont pas réalisés, les prix finissent par baisser en même temps que le chômage explose. Voilà résumé très brièvement pourquoi les taux d'intérêt sont aussi bas aujourd'hui, c'est pour éviter ce scénario de la déflation et relancer l'économie.

Evidemment, ça c'est la partie officielle du discours, l'autre partie, moins avouable, c'est que nos gouvernants ont décidé - sans nous le dire ouvertement - d'euthanasier toutes les personnes qui ont réussi à accumuler un peu d'épargne. Ces personnes sont perdantes à tous les coups. Si elles gardent leur argent sur le livret d'épargne, elles doivent se contenter de taux aussi maigrichons qu'un top model anorexique. Si elles investissent cet argent sous forme d'une épargne pension basée sur des obligations, avec des placements sûrs, là encore, ces mêmes personnes ne reçoivent plus rien comme rendement, car les banques et les assureurs doivent eux aussi replacer nos avoirs ou nos primes. Etant donné que les obligations jugées parmi les plus sûres au monde donnent des taux d'intérêt négatif ou du 0%, ces mêmes banquiers et ces mêmes assureurs ne peuvent plus nous garantir un rendement décent.

En fait, pour dire les choses brutalement, nous épargnons à perte et pour ajouter à notre désarroi, on nous avance aussi, pas exactement comme cela, mais cela revient à la même chose, que si nous ne voulons pas être euthanasiés, nous devons aller vers le marché des actions pour trouver du rendement. Autrement dit, on impose à l'épargnant conservateur d'opter pour un autre profil de risque qu'il ne souhaite pas nécessairement avoir. C'est pourtant le prix à payer pour son salut financier même si pour ma part, je pense qu'acheter des actions n'est pas une mauvaise idée, à condition d'avoir un horizon de temps convenable.

En conclusion, on peut dire qu'au Moyen-Age, le haut clergé vendait des "indulgences" pour racheter nos péchés, aujourd'hui, la finance a pris la place du clergé, et les actions ont remplacé les "indulgences", et comme toujours, c'est une question de foi.

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