Mariage en vue pour Petercam et Degroof?

28/08/14 à 08:44 - Mise à jour à 08:44

Source: Trends-Tendances

Spécialisées dans la gestion de patrimoine, les deux banques privées parleraient mariage, selon L'Echo. Le scénario a-t-il vraiment des chances de se réaliser ? Décryptage.

Mariage en vue pour Petercam et Degroof?

Selon nos confrères de L'Echo, Petercam et la Banque Degroof discuteraient d'un rapprochement. Info ou intox ? Ce n'est en tous cas pas la première fois que pareil scénario de fusion entre les deux maisons est évoqué. Il circule même depuis plusieurs années dans le Landerneau bancaire, sans jamais s'être jusqu'ici concrétisé. Effet de taille Principal argument qui plaide en faveur du rapprochement : l'état de santé de Petercam ? Toujours selon les informations de L'Echo, c'est en effet la maison de la place Sainte Gudule (affichant pour 2013 un bénéfice net de 22 millions d'euros, 14 milliards d'euros actifs sous gestion et 420 employés) qui serait venu frapper à la porte de la Banque Degroof, et non l'inverse.

On le sait, Petercam n'a pas été épargnée par la crise et ses avatars. Aux yeux des spécialistes, un mariage avec la vénérable institution de la rue de l'Industrie devrait lui permettre de retrouver une meilleure santé financière, moyennant entre autres des économies d'échelle dans un contexte où les frais de fonctionnement augmentent de plus en plus, notamment à cause des aspects réglementaires. Et cela, sur un marché de la gestion de fortune où la concurrence ne cesse de s'accroître. Certes, conseiller les particuliers aisés dans la gestion de leur fortune reste porteur. On n'a jamais compté autant de millionnaires en Belgique qu'aujourd'hui. Mais le marché est de plus en plus encombré. Nombreux sont les acteurs spécialisés venus de l'étranger (luxembourgeois, français et suisses) à y avoir pris pied au cours des dernières années pour y concurrencer les enseignes locales, suite notamment à la chasse aux évadés fiscaux. Quant aux grandes banques universelles, elles ont fortement redynamisé leur offre de produits tout en procédant à des investissements technologiques pour répondre aux attentes des clients en matière de services digitaux.

Une mariée trop grasse Dans cet environnement difficile, un mariage peut se comprendre. Seul hic, la mariée n'est pas prête. "Elle est beaucoup trop grasse, glisse cet observateur privilégié, faisant référence à la Banque Degroof. Elle doit d'abord absolument réduire ses coûts." Banque privée indépendante, qui comme Petercam n'est pas adossée à un groupe bancaire, Degroof est implantée dans six pays et emploie un bon millier de collaborateurs pour 28 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Son bénéfice net s'est établi à 74 millions d'euros au cours de l'exercice écoulé. Or, compte tenu de ces effectifs, dit-on, il est possible de faire mieux.

En coulisses, il se murmure d'ailleurs que c'est précisément pour cette raison, et sous l'impulsion de Cobepa (nouvel actionnaire de Degroof) que Philippe Masset (ex-ING Belgique) a été engagé en mai dernier pour succéder à Regnier Haegelsteen à la tête de la banque. Son ordre de mission est clair : passer la brosse de fer afin de muscler la rentabilité. "Pour cette raison, un rapprochement avec Petercam est prématuré, poursuit notre interlocuteur. Il y a un réel travail de compression des coûts à effectuer chez Degroof avant d'envisager une éventuelle fusion avec un autre acteur du marché. Un patron recruté à l'externe était d'ailleurs nécessaire pour effectuer ce travail. Beaucoup chez Degroof sous-estiment l'ampleur de cette réorganisation, à l'heure notamment où la gestion collective via les fonds gagne en importance. Réorganisation qui passe aussi par une redéfinition du business model." Business model qui apparaît comme fort (voire trop) diversifié par les temps qui courent : gestion de fortune, banque d'affaires, asset management, etc. Sans compter que, outre des cultures d'entreprise différentes, tant Degroof que Petercam, sont toujours détenues par des associés. Ce qui est de nature à compliquer encore un peu plus le rapprochement.

Sébastien Buron

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