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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/11/14 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

Livrets d'épargne en berne: sera-t-on obligé de se tourner vers la Bourse?

Les grandes banques belges sont encore en train de diminuer le rendement des livrets d'épargne, la plupart n'offrant pas plus de 0,3% à l'heure actuelle. Et encore, si l'épargnant doit s'estimer heureux d'obtenir ce taux, d'autres banques, plus petites, offrent pourtant des taux plus intéressants.

Livrets d'épargne en berne: sera-t-on obligé de se tourner vers la Bourse?

© istock

C'est devenue une habitude, une très mauvaise habitude d'ailleurs pour les épargnants ; régulièrement, tous les x mois, telle ou telle banque belge annonce qu'elle va réduire le rendement de son livret d'épargne. Généralement, à peine cette banque a-t-elle fait cette annonce, que la plupart des autres grandes banques suivent exactement le même chemin. C'est alors à nouveau le même scénario et le résultat est simple: la plupart des grandes banques n'offrent aujourd'hui que du 0,3 ou 0,4% pour leurs livrets d'épargne.

Officiellement, ce n'est pas parce qu'elles veulent être radines envers nous, mais parce que les taux sur les marchés sont au plus bas. En clair, nous devrions déjà être contents que des BNP Fortis, des ING, ou des KBC nous donnent encore du 0,3% car ces banques pourraient se financer sur le marché - donc sans nous - à des taux encore plus bas.

Bien entendu, le monde bancaire ne se limite pas aux seules grandes banques, et il est possible d'encore dégoter des taux de 1,50 ou 1,95% chez de plus petites institutions. Il y a cependant deux hics. Le premier : les Belges font preuve d'inertie, les 4 grandes banques du pays captent ainsi plus de 70% de l'épargne des Belges. Deuxième hic, ces petites banques n'ont pas toujours un rating, une note de crédit donc, de nature à rassurer les épargnants en cas de problème.

En attendant, le taux d'épargne des Belges a diminué fortement ces dernières années, s'il tournait autour des 20% en 1995 et autour des 18% en pleine crise, ce même taux d'épargne n'est plus que de 13% en 2014 ! Une baisse normale, d'abord parce que les salaires n'ont plus progressé, ensuite parce que vu la faiblesse des rendements de l'épargne, il est possible que les gens qui vivent de leurs rentes, et notamment les pensionnés, ont dû mordre sur leur capital pour maintenir leur train de vie. Au fond, avec des livrets qui ne rapportent plus grand-chose, le Belge qui a un peu d'épargne est quasi obligé de s'intéresser à la Bourse et donc au marché des actions s'il veut avoir plus que 2% de rendement. Ce n'est pas si idiot que cela, car les chiffres le démontrent, le Bel 20 a enregistré une hausse de 10 % depuis le début de l'année. En tenant compte de la bulle Internet des années 2000, de la crise boursière du 11 septembre 2001 et de la crise des subprimes, l'investisseur en actions est encore gagnant. Le marché des actions, c'est du long terme, mais certains épargnants, vu leur âge, n'ont plus ce luxe d'attendre, pour eux, c'est, hélas, plus difficile.

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