Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

14/08/15 à 16:08 - Mise à jour à 16:08

Les scénarios grec et chypriote risquent de n'être que des répétitions...

Les Grecs utilisent moins leur cash et davantage leurs cartes bancaires. C'est en résumé ce qui se passe en ce moment en Grèce depuis que le gouvernement a instauré un contrôle des capitaux.

Les scénarios grec et chypriote risquent de n'être que des répétitions...

© Reuters

C'est en soi une révolution, car dans la culture des Grecs, le cash est roi, comme le rappelle le journal Les Echos. Les chiffres sont éloquents. Selon l'agence d'information Bloomberg, le nombre de cartes bancaires émises en juillet s'élève à environ 1 million ! Quant au nombre de transactions passant par les cartes bancaire, il aurait lui explosé de 135% !

Évidemment, cet engouement pour les cartes a bien une explication. Comme vous le savez, les Grecs ne peuvent pas retirer plus de 60 euros par jour, soit 420 euros maximum par semaine et par personne. En revanche, les paiements par carte ne sont pas plafonnés si la transaction se fait à l'intérieur du pays. Donc, vu cette exception, de très nombreux retraités ont été se procurer une carte bancaire. Et selon Les Echos, les commerçants, les médecins et autres professions libérales ont suivi le mouvement et se sont tous équipés de terminaux bancaires pour permettre à leurs clients de régler les factures ! C'est en soi une révolution, car d'après les statistiques européennes, la Grèce est traditionnellement le pays où la carte bancaire est la moins utilisée - moins que la Bulgarie et moins que la Roumanie, pour vous donner une idée.

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Les soi-disant cas particuliers de la Grèce et de Chypre, avec leurs contrôles des capitaux, risquent de n'être que des répétitions...

Bien sûr, cette exception faite pour les paiements par carte vise à réduire le nombre de transactions qui échappe à l'oeil du fisc et donc, c'est une manière de réduire l'économie souterraine en Grèce.

Mais les commentateurs économiques les plus avisés pensent que c'est une confirmation de plus que les gouvernements occidentaux, et pas seulement celui de la Grèce, vont tout faire dans les années à venir pour supprimer le cash. L'erreur serait de croire que la Grèce est un cas particulier, alors que si les choses ne se redressent pas chez les autres pays - il n'y a qu'à voir le montant de la dette publique en Belgique ou en France -, on se rendra vite compte que les soi-disant cas particuliers de la Grèce et de Chypre, avec leurs contrôles des capitaux, leur taxation des montants bancaires supérieurs à 100.000 euros et leurs queues devant les guichets bancaires, risquent de n'être que des répétitions avant que le même scénario ne se déroule ailleurs.

Je l'avais dit ici même dans cette chronique, le règne du cash est compté. Avec ses aspects positifs - la lutte contre l'économie au noir - mais aussi ses possibles abus en terme de pression fiscale et de restreinte de nos libertés. Le débat sur la société sans cash doit encore commencer.

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