Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

23/02/15 à 12:49 - Mise à jour à 15:08

Les Grecs espèrent le meilleur... mais se préparent au pire

Alors que la Grèce est encore au milieu de négociations ardues avec les autres pays de la zone euro, François Hollande, le président de la République française, vient de rappeler que la Grèce fait partie de la zone euro et doit le rester ! Voilà qui va mettre du baume au coeur des Grecs, mais cela ne les empêchera tout de même pas de prendre leurs précautions...

Les Grecs espèrent le meilleur... mais se préparent au pire

© REUTERS

C'est bien là le paradoxe de la Grèce, si 80% de la population est derrière son nouveau premier ministre Alexis Tsipras, cela n'empêche pas cette même population de tenter de mettre à l'abri son épargne en retirant et en vidant ses comptes bancaires. Il n'est pas toujours facile d'avoir un chiffre exact, mais Le Figaro fait, par exemple, état d'une sortie des comptes de l'ordre de 22 milliards d'euros en un mois et demi. Quand les journalistes posent la question aux personnes qui font la file derrière les guichets bancaires, la réponse est très directe. La population est persuadée dans son ensemble que les plus grosses fortunes grecques ont déjà quitté le navire depuis bien longtemps, et donc pour le citoyen, c'est "pourquoi pas lui aussi ?"

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Pour les Grecs, les plus grosses fortunes ont déjà quitté le navire. Le citoyen se demande donc "pourquoi pas lui aussi ?"

Les Grecs ne sont pas très loin de Chypre et ils savent qu'ils ne sont pas à l'abri d'un contrôle des changes qui aura pour but d'éviter que les capitaux fuient le pays. A Chypre, le contrôle des changes forçait les épargnants à ne pas retirer plus de 100 ou 200 euros aux distributeurs automatiques.

Donc tout en appuyant à 100% les revendications du nouveau premier ministre, les Grecs anticipent déjà le pire et se préparent comme ils peuvent. Les journaux locaux ont d'ailleurs raconté l'histoire d'un Grec de Thessalonique qui avait retiré toutes ses économies pour les déposer à Chypre mais les autorités chypriotes lui ont visiblement demandé tellement de justificatifs, qu'il en a été dégoûté. Ainsi, pour rapatrier l'argent qu'il voulait déposer à Chypre, il a mis cet argent dans la doublure de son manteau mais, hélas pour lui, il s'est fait arrêter par la douane à l'aéroport... C'est anecdotique, mais cela en dit long sur l'état d'esprit des Grecs en ce moment.

Je terminerai cette chronique en m'étonnant qu'on accorde tellement de crédit aux propos de Valéry Giscard D'Estaing, l'ancien président de la République française, qui prône aujourd'hui la sortie de la Grèce de l'euro ! Son argumentation est certes crédible, sauf que c'est quand même lui qui a fait entrer la Grèce dans l'Union européenne alors que les Allemands y étaient déjà très réticents. Et pour justifier cette entrée, Valéry Giscard d'Estaing avait dit, à l'époque, je le cite "une Europe sans la Grèce aurait été comme un enfant sans certificat de naissance" ou encore qu' "on ne fait pas jouer Platon en seconde division". Il avait tort visiblement et malheureusement pour lui, Google a gardé les traces de ses propos.

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