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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/01/16 à 15:45 - Mise à jour à 15:45

'Les erreurs de la Chine, les maux de dos de George Soros'

Les épargnants belges qui ont investi une partie de leur épargne en Bourse ont eu très chaud cette semaine. En particulier lundi et jeudi, deux jours particuliers durant lesquels les Bourses chinoises ont même dû être fermées par les autorités.

'Les erreurs de la Chine, les maux de dos de George Soros'

© Reuters

Chaque fois, c'était la même chose, la panique chinoise s'est propagée aux autres places boursières du monde. Il faut dire que l'été dernier est encore dans toutes les mémoires. La Chine avait subi à l'époque un véritable krach boursier.

Pour éviter un mauvais remake de ce scénario, les autorités chinoises ont mis en place plusieurs mécanismes pour éviter une panique. L'un de ces mécanismes prévoit un arrêt des transactions en cas de fortes variations des cours. Par exemple, lorsque la variation passe à 7% sur une seule journée, les transactions sont interrompues complètement ! C'est ce qui est arrivé ce jeudi. En réalité, la Bourse chinoise n'a été active qu'une bonne demi-heure tout au plus, car le seuil plancher a rapidement été atteint. Et c'est là que tout se complique.

Cette mesure de bon sens était en fait une bêtise, et c'est ce qu'a compris le gouvernement chinois. Pourquoi ? Parce que fixer un seuil de baisse pour tenter de limiter la volatilité est une bonne idée uniquement sur le papier. Dans la pratique, cette mesure précipite encore plus la baisse des actions. Et c'est normal, "si vous dites aux gens qu'ils ne pourront pas vendre leurs actions à tout moment en cas de chute, ils finissent par se dire qu'il vaut mieux sortir du marché, car demain, ce sera pire encore. Donc, ils vendent en catastrophe."

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Quand un milliardaire comme George Soros dit que l'époque actuelle lui fait penser à 2008, ça ne fait pas vraiment remonter le moral des boursiers

De plus, quand la baisse des actions n'est pas de 7% mais de 5%, les autorités chinoises ne ferment pas la bourse, elles interrompent les cours pendant 15 minutes. Là aussi, cela a été une grave erreur. Les investisseurs se retrouvent face à des écrans noirs, sans indication de volume et de prix. Bref, c'est le brouillard. Et ce brouillard incite encore plus à vendre les actions, dans le doute.

En fait, depuis ce jeudi, les autorités chinoises ont compris leur erreur et ont supprimé ces coupe-circuits qui ont été plus dangereux qu'utiles. Mais au-delà de ces explications techniques, ce qui étonne, c'est que l'année boursière 2016 démarre aussi mal. Le pire, c'est qu'il n'y pas de raison économique nouvelle pour justifier cette panique. Mais bon, quand un milliardaire comme George Soros, spéculateur célèbre, prend la parole pour dire que l'époque actuelle lui fait penser à 2008, ça ne fait pas vraiment remonter le moral des boursiers. Espérons qu'il se trompe.

Dans une biographie consacrée à Georges Soros, son fils déclarait que son père imaginait chaque fois le pire avec comme arguments des tas de théories complexes. Alors qu'au final, il était simplement de mauvaise humeur, car il avait mal au dos. Vu l'âge avancé de M. Soros, espérons que sa dernière déclaration soit uniquement motivée par son mal de dos...

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