Les épargnants belges, premières victimes de la politique de la BCE

31/01/17 à 14:13 - Mise à jour à 14:13

Source: Belga

Ce sont les épargnants belges qui sont les plus pénalisés, au sein de la zone euro, par la politique monétaire ultra-accomodante de la Banque centrale européenne (BCE), qui entraîne des taux au plancher sur les dépôts d'épargne, selon une analyse réalisée par l'économiste Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of management.

Les épargnants belges, premières victimes de la politique de la BCE

Mario Draghi © Reuters

L'économiste constate en effet que c'est en Belgique, juste après la Slovénie, que les comptes d'épargne offrent la rémunération la plus faible, soit un taux moyen de 0,04% pour les nouveaux dépôts en novembre 2016. Ce qui, entre parenthèses, n'empêche pas les Belges de garder plus de 245 milliards d'euros sur leurs comptes d'épargne.

Or, dans le même temps, c'est également en Belgique que l'inflation est la plus élevée avec un taux moyen d'1,77% en 2016, bien au-dessus du taux d'inflation moyen de l'Autriche (0,97%), qui arrive en deuxième position.

C'est donc en Belgique que le taux d'intérêt réel sur l'épargne, soit la différence entre le taux d'intérêt nominal et le taux d'inflation, est le plus bas, avec la Lettonie. Le taux d'intérêt réel moyen reçu en décembre 2016 sur un dépôt d'épargne ordinaire en décembre 2015 s'élevait ainsi à -2,03% en Belgique, tout comme en Lettonie, selon les calculs d'Eric Dor. Ce taux d'intérêt réel est également négatif en Allemagne (-1,31%), où de nombreuses voix s'élèvent contre la politique de la BCE, et en France (-0,03%), par exemple, mais est positif aux Pays-Bas (0,06%) et en Italie (1,07%) notamment.

Un taux d'intérêt réel négatif signifie que les épargnants perdent du pouvoir d'achat en épargnant puisque les quantités qu'ils peuvent acheter après avoir épargné, et récupéré le capital investi ainsi que les intérêts, sont inférieures à celles qu'ils auraient pu acheter au départ s'ils avaient tout dépensé tout de suite plutôt que d'épargner, explique encore l'économiste, tout en constant qu'"en Belgique et en Lettonie, la perte de pouvoir d'achat des épargnants est maximale".

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