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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/03/16 à 16:04 - Mise à jour à 16:03

Les contrats d'assurance 'pour les nuls' débarquent enfin

Hasard du calendrier ou non, les assureurs ont l'air de se réveiller et de s'intéresser davantage à leurs clients.

Les contrats d'assurance 'pour les nuls' débarquent enfin

© DR

La semaine dernière, c'est la société AXA qui avait lancé un contrat destiné aux jeunes de moins de 26 ans et dont l'idée est simple: si ces jeunes acceptent de mettre un "mouchard" dans l'habitacle de leur voiture, ils peuvent d'office voir leur prime d'assurance auto baisser de 20%. Et si les données recueillies par ce mouchard sur leur manière de conduire sont bonnes, ces jeunes de moins de 26 ans peuvent même espérer avoir une prime diminuée de 50%.

Cette semaine, c'est une autre compagnie d'assurance - la Bâloise en l'occurrence - qui innove en proposant des contrats RC auto rédigés dans la langue de tous les jours. Et pour bien faire comprendre sa démarche, le service marketing de la Bâloise a envoyé aux journalistes une petite vidéo. Celle-ci montrait une classe d'élèves du secondaire confrontés à la première version du contrat, qui bien entendu était incompréhensible pour eux. Et puis, sur la même vidéo, on les voit lire la nouvelle version du contrat rédigée plus simplement et avec moins de jargon. Les visages des jeunes élèves s'éclairaient, car ils avaient enfin compris le contenu du contrat.

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L'étape suivante pour les assureurs sera de s'emparer des outils modernes

Il ne faudrait pas croire que la démarche est simple. D'abord, si les contrats sont aussi compliqués à lire c'est aussi parce que les assureurs doivent respecter des tas de réglementations et qu'un manquement pourrait leur coûter cher. C'est la raison pour laquelle la société d'assurance La Bâloise reconnaît qu'elle a mis 8 mois pour rendre lisible et compréhensible son contrat RC auto.

Bien entendu, au-delà du coup de pub, c'est une belle démarche. Mais comme l'a d'ailleurs fait remarquer récemment Eric Kleynen, le patron de Belfius Assurances, l'étape suivante pour les assureurs sera de s'emparer des outils modernes comme YouTube, par exemple. De la même façon que vous allez voir sur YouTube s'il n'y pas un tutoriel pour apprendre à souder un petit objet, vous recevrez demain, via votre assureur, un lien sur lequel vous pourrez cliquer et qui vous expliquera en termes simples vos droits et devoirs par rapport au contrat d'assurance que vous venez ou que vous allez signer.

Le plus amusant dans cette affaire, c'est que les contrats des rois de la modernité que sont Facebook ou Google restent eux hermétiques au commun des mortels. Avant de pouvoir surfer sur un réseau social, vous devez lire l'équivalent de 10 feuilles A4 rédigées en petits caractères, ce que personne ne fait en général. D'ailleurs, si vous ne signez pas, vous devrez aller voir ailleurs, car il n'y a pas de recours. Mais aller où, quand tous vos amis sont déjà sur Facebook ? C'est ce qu'on appelle abuser de sa position dominante.

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