Les Bourses européennes plient sous les incertitudes liées au Brexit

27/06/16 à 14:29 - Mise à jour à 14:29

Source: Afp

Les marchés financiers étaient à la peine lundi à la mi-journée, fragilisés par les incertitudes entourant le Brexit qui a fait virevolter les devises et semé la panique sur les places boursières mondiales, la livre sterling et les banques anglaises étant les plus malmenées.

Les Bourses européennes plient sous les incertitudes liées au Brexit

A traders from BGC Partners, a global brokerage company in London's Canary Wharf financial centre waits for European stock markets to open early June 24, 2016 after Britain voted to leave the European Union in the EU BREXIT referendum. REUTERS/Russell Boyce - RTX2HWW3 © REUTERS

Après ce choc, "la volatilité devrait rester forte dans les prochains jours" et "les investisseurs devraient rester très prudents tant l'incertitude est élevée", prévient le courtier Aurel BGC.

Les Bourses européennes tentaient avec difficulté de digérer leur plongeon de vendredi, l'un des plus marquées depuis la crise financière de 2008 pour certaines places, alors que la nouvelle d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne avait pris les investisseurs par surprise.

Après un retour au calme dans les premiers échanges, les Bourses européennes ont plié, plombées par le secteur financier.

Vers 12H00 (10H00 GMT), Londres perdait 1,21%, Francfort 1,20% et Paris 1,40%. Milan lâchait 1,05% et Madrid limitait la casse (0,14%), après un bond de plus de 3% à l'ouverture, au lendemain de la victoire des conservateurs, qui n'ont toutefois pas de majorité, aux législatives de dimanche.

Vers 11H00, le BEL 20 cédait lui 1,4% en s'inscrivant à 3.228 points avec 14 de ses éléments dans le rouge.

Les titres exposés au Royaume-Uni souffraient comme Eurotunnel qui plongeait de plus de 10% à Paris. Surtout, les banques britanniques se faisaient laminer par les incertitudes sur le sort de la City. Barclays chutait de 20%, RBS de 15%.

Sur le marché des changes, la livre sterling était sous pression et tombait à un nouveau plus bas en plus de deux ans face à l'euro à 83,26 pence pour un euro. Vers 12H00, elle baissait également face au billet vert à 1,3268 dollar, allant en-deçà des points bas atteints vendredi après l'annonce surprise du résultat du référendum.

Vendredi, la nouvelle d'une sortie du Royaume-Uni avait pris les investisseurs par surprise, et la monnaie britannique était tombée à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu'à 1,3229 dollar.

L'euro cédait du terrain vis-à-vis du billet vert à 1,1035 dollar, contre 1,1112 dollar précédemment.

En Asie, Tokyo a rebondi de 2,39% grâce à des espoirs d'intervention des autorités sur le marché des changes. Hong Kong a terminé stable et Shanghai a nettement progressé à la clôture.

Les investisseurs cherchaient à anticiper les conséquences du Brexit, en guettant les réactions des responsables britanniques et européens, mais les déclarations des uns et des autres ne permettent pas de dissiper l'incertitude, ce que les marchés détestent le plus.

'Nombreuses incertitudes'

"Les incertitudes sont nombreuses sur le calendrier du Brexit", a souligné Toshihiko Matsuno, analyste chez SMBC Friend Securities. "Il va probablement falloir attendre octobre pour y voir plus clair".

Le Royaume-Uni doit gérer les demandes pressantes des dirigeants et responsables de l'Union européenne d'accélérer un divorce que le Premier ministre David Cameron veut laisser régler à son successeur, qui sera nommé début octobre lors du congrès de son parti.

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a prévenu lundi que le Royaume-Uni n'activerait l'article 50 pour quitter l'UE qu'au moment opportun, assurant que l'économie britannique était prête à affronter les turbulences provoquées par la décision de quitter l'Union.

Pour discuter des conséquences du Brexit et préparer ce rendez-vous, la chancelière allemande Angela Merkel doit quant à elle recevoir dans la journée à Berlin le président du Conseil européen Donald Tusk, puis le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

"Les réunions des jours à venir devront permettre d'aboutir à une position commune", soulignent les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC.

"Mais le véritable défi est celui de relancer le projet européen pour éviter un effet domino. Le calendrier y est très peu propice alors que les élections espagnoles ont donné un résultat quasi similaire à celui de décembre et que la France et l'Allemagne changeront de gouvernement l'année prochaine", selon eux.

Les valeurs refuges étaient de leur côté encore recherchées, à l'image des obligations allemandes, le taux d'emprunt à 10 ans du pays reculant en territoire négatif. De même, le taux à 10 ans britannique touchait un nouveau plus bas historique sous 1%.

Comme l'once d'or, le yen, privilégié en cas de tempête sur le marché, demeurait à des niveaux élevés: le dollar s'affichait à 101,70 yens, contre 104,68 yens à la veille des résultats du vote britannique, tandis que la monnaie unique valait 112,22yens, contre 118,77 yens.

Malgré cette accalmie sur les marchés, "il est important de garder à l'esprit qu'on n'en a pas fini avec les retombées du Brexit", a commenté dans une note Stephen Innes, courtier chez Oanda Asia Pacific. "Nous allons probablement ressentir les secousses pour les semaines, voire les mois, à venir, mais il est difficile d'anticiper leur fréquence et leur amplitude".

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