Le Sénat américain assouplit la régulation bancaire née après la crise financière

15/03/18 à 10:50 - Mise à jour à 10:49

Source: Afp

Le Sénat américain a adopté mercredi un projet de loi destiné à assouplir les régulations bancaires protégeant consommateurs et contribuables à la suite de la crise financière de 2008.

Le Sénat américain assouplit la régulation bancaire née après la crise financière

/ © Reuters

La chambre haute du Congrès a voté par 67 voix contre 31 en faveur de l'assouplissement de certaines règles de contrôle imposées aux établissements bancaires par la loi Dodd-Frank de 2010, sans toucher à ses éléments-clés.

Le projet de loi doit revenir devant la chambre des Représentants avant d'atterrir sur le bureau du président Donald Trump.

La Maison Blanche a immédiatement salué son adoption au Sénat, cette mesure devant, selon elle, protéger les institutions financières d'une "réglementation excessive".

"Le projet de loi fournit un allègement très attendu de la loi Dodd-Frank pour des milliers de banques communautaires et de coopératives de crédit et va stimuler les prêts et la croissance économique sans générer de risques pour le système financier", a déclaré dans un communiqué la porte-parole de la présidence, Sarah Sanders.

Le vote du Sénat s'est déroulé 10 ans jour pour jour après le crash de la banque Bear Sterns, basée à New York, qui avait donné le coup d'envoi de la crise financière mondiale.

Les sénateurs démocrates se sont divisés sur ce vote. Elizabeth Warren, figure de la gauche du parti démocrate, a mené la charge contre le projet de loi qu'elle a dénoncé comme un cadeau fait à Wall Street et qualifié de "loi des lobbyistes bancaires".

Mais pour sa collègue démocrate Heidi Heitkamp, il s'agit d'"une grande victoire" pour "nos familles, fermiers et petites entreprises dans l'Amérique rurale", car elle soulage les petits établissements bancaires et de crédit des coûteuses règles visant les grosses institutions.

Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, a assuré le mois dernier qu'il n'y avait plus de banque "trop importante pour faire faillite" après les efforts de la loi Dodd-Frank qui a imposé des normes de capitaux, de liquidités et des tests de résistance.

Il s'était aussi dit prêt à "ajuster" cette réglementation financière alors que l'administration Trump a fait de l'élagage de la loi Dodd-Frank un de ses chevaux de bataille.

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