La taxe sur les dépôts bancaires à Chypre inquiète les bourses

18/03/13 à 11:04 - Mise à jour à 11:04

Source: Trends-Tendances

La taxe sur les dépôts bancaires à Chypre fait reculer les bourses mondiales. Analystes et milieux bancaires craignent qu'elle ne constitue un précédent, sapant la confiance envers les banques.

La taxe sur les dépôts bancaires à Chypre inquiète les bourses

La zone euro cause à nouveau bien du souci aux investisseurs européens. A l'origine de cette déprime, l'annonce à Bruxelles d'une taxe sur les dépôts bancaires à Chypre imposée dans le cadre du cinquième plan de sauvetage d'un des Etats membres de la zone euro. Lundi matin, la mesure affectait particulièrement Madrid, qui chutait de -2,45%, suivie par Milan (-2,15%), Paris (-2,01%), Francfort (1,58%) et Londres (1,37%).

La décision inédite et radicale trouvée samedi à Bruxelles sur un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros pour sauver l'île de la faillite, en échange d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires, fait la une de l'actualité financière. Alors que la taxe touche durement les avoirs russes dans l'île, la presse à Moscou a estimé qu'elle cassait l'image d'"une Europe civilisée" et devrait provoquer un rapatriement des capitaux.

Les valeurs bancaires sont les plus attaquées et chutent nettement, les investisseurs craignant que la décision prise sur Chypre ne crée un précédent dans les autres pays de la zone euro. Economiste chez Natixis, Philippe Waechter s'interroge sur l'éventualité d'"une défiance" des habitants de la zone euro vis-à-vis des dépôts dans les établissements bancaires de leurs pays respectifs. Lars Seier Christensen, patron de la banque danoise Saxo, cité par Reuters, s'inquète sur son blog. "Si l'on peut faire cela une fois, on pourra le refaire."

La réaction des marchés est "violente" car les conditions de l'aide sont "très contraignantes" et susceptibles d'inquiéter de nombreux pays, indiquent les analystes chez Aurel. "Cette solution lève un tabou aux conséquences considérables pour l'ensemble du système bancaire européen", souligne le CM-CIC.

Les bourses asiatiques ont été les premières à ouvrir après l'annonce choc à Bruxelles. La Bourse de Tokyo a clôturé lundi en forte baisse de 2,71%. Sydney, Hong Kong, Shanghai et Séoul ont également reculé.

Chypre avait initialement demandé 17 milliards d'euros pour l'aider à sortir de la crise. Afin de réduire leur participation à ce prêt, les bailleurs de fonds (Bruxelles et le Fond monétaire international) ont demandé à Nicosie d'instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil. Cette annonce a provoqué la colère des Chypriotes et résidents étrangers. Le président, Nicos Anastasiades, a estimé dimanche avoir choisi l'option "la moins douloureuse", le risque étant pour l'île de se retrouver en cessation de paiement. Le vote au Parlement sur le plan d'aide, initialement prévu dimanche, doit finalement avoir lieu lundi.

A lire: notre dossier sur le sauvetage de Chypre dans le Trends Tendances de ce jeudi 21 mars.

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